Bruxelles tente un compromis pour plus de solidarité

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Ursula von der Leyen à Bruxelles, le 15 avril 2020.
Ursula von der Leyen à Bruxelles, le 15 avril 2020. JOHN THYS / AFP

Les chefs d’Etat et de gouvernement européens, qui doivent se retrouver par vidéoconférence jeudi 23 avril, se préparent déjà à une longue nuit de négociations. Il faut dire que l’ordre du jour − quel plan de relance pour une Europe qui s’enfonce dans une récession sans précédent ? − est complexe. Et porte en germe de nombreuses polémiques entre les Vingt-Sept, alors que l’Europe du Sud, emmenée par l’Italie, demande à ses partenaires de faire œuvre de solidarité financière, tandis que l’Europe du Nord, Allemagne et Pays-Bas en tête, ne cache pas son aversion à tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à une mutualisation des dettes.

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Dans ce contexte, chacun cherche la martingale qui permettra de sortir par le haut de cette situation où l’Europe affiche ses divisions et où le spectre de la crise de la zone euro, entre 2010 et 2012, plane. Il s’agit là de compléter le dispositif à 540 milliards d’euros qu’ont élaboré les ministres des finances européens le 9 avril (240 milliards d’euros du Mécanisme européen de stabilité, 200 milliards de la Banque européenne d’investissement et 100 milliards de la Commission) pour répondre à l’urgence, mais qui ne saurait suffire à accompagner la sortie de crise quand le virus sera en voie de disparition.

Emprunt sur les marchés

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et son homologue au Conseil, Charles Michel, à qui les Vingt-Sept ont demandé de plancher sur le sujet, ont bien l’intention de peser dans le débat qui s’annonce. Ces derniers jours, l’ancienne ministre d’Angela Merkel a évoqué le plan de relance que ses équipes concoctent. Le budget communautaire, a-t-elle ainsi promis, le 16 avril, devant le Parlement européen, sera « le vaisseau-mère » de la relance et il permettra de déployer « un volume financier sans précédent » d’investissements. « On parle de milliers de milliards d’euros, pas de milliards », avait-elle lancé la veille, devant des journalistes.

Pour ce faire, la Commission emprunterait sur les marchés, sur vingt ans par exemple, jusqu’à 1000 milliards d’euros, à des taux intéressants, puisqu’elle bénéficie d’un triple A. Les Etats membres devraient se porter garants de ces levées de fonds, qui seraient remboursés par le budget de l’Union européenne. Lequel serait alimenté, en plus des contributions des Etats membres, par de nouvelles ressources propres − par exemple, une taxe GAFA, en sachant que le confinement généralisé a profité aux géants de l’Internet. Cet argent abonderait les budgets nationaux des Vingt-Sept d’une part, et servirait à financer des projets européens d’intérêt général d’autre part. Une manière donc d’assurer des transferts vers les Etats qui, comme l’Italie ou l’Espagne, ont le plus souffert (jusqu’ici) de la pandémie.

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