Pour limiter l’affluence dans les magasins, la ville de Bogota instaure un droit de sortie « genré »

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A Bogota, les femmes sortent désormais dans la rue les jours pairs, les hommes les jours impairs, et les personnes trans selon leur identité de genre. Le décret municipal qui instaure, le temps du confinement, un droit de sortie différencié selon le genre a été efficace : l’affluence dans les supermarchés, les pharmacies et les banques de la capitale colombienne a diminué. Mais il ne fait pas l’unanimité. « Diviser en fonction du genre est aussi arbitraire que diviser entre petits et grands ou entre Blancs et Noirs, c’est inacceptable de la part des pouvoirs publics », considère la féministe Catalina Ruiz-Navarro.

Les transgenres ont immédiatement dénoncé les risques que fait peser sur leur communauté cette discrimination genrée. Le Pérou, qui avait adopté une mesure du même type le 1er avril, a fait marche arrière une semaine plus tard.

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En Colombie, le système a été baptisé « pointe et genre » (le nom s’inspire du système « pointe et plaque », qui restreint aux heures de pointe la circulation automobile en fonction du numéro des plaques minéralogiques). Il est entré en vigueur le 13 avril. D’autres municipalités du pays ont opté pour la limitation des jours de sortie en fonction du numéro de la carte d’identité des citoyens.

Eviter les contrôles d’identité

Pour les autorités, le système « pointe et genre » a le mérite d’être simple : il évite les contrôles d’identité qui, en temps de pandémie, sont dangereux parce qu’ils exigent que les policiers s’approchent des citoyens et manipulent leurs documents d’identité. C’est ce qu’a rappelé la maire de Bogota, Claudia Lopez, première femme – et première homosexuelle déclarée – à occuper le poste. La capitale constitue le principal foyer de Covid-19 du pays, avec 1 682 des 3 977 cas enregistrés.

Plusieurs professions restent autorisées à sortir, tous genres confondus, du personnel soignant aux livreurs à bicyclette, en passant par les épiciers, les pharmaciens ou les journalistes. Les propriétaires de chiens sont également autorisés à promener leur compagnon vingt minutes par jour.

Les contrevenants et contrevenantes risquent une forte amende (220 euros). Les premiers sont six fois plus nombreux que les secondes : au cours de la première semaine de sortie genrée, 610 hommes ont été sanctionnés contre 104 femmes.

Catalina Ruiz Navarro souligne que « le système accentue les inégalités de genre puisque les femmes, plus nombreuses à faire le marché que les hommes, se retrouvent à faire plus de queue les jours qui leur sont impartis ». La fédération des commerçants du pays a ainsi affirmé « qu’un supermarché de 10 000 m2 qui, il y a quinze jours, accueillaient 3 000 clients, n’a reçu que 900 hommes lundi 13, et 1 500 femmes mardi 14 ».

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