étrangers et minorités ethniques en première ligne dans les hôpitaux britanniques

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Des membres du personnel du système de santé britannique, le NHS, applaudissent devant le « Chelsea and Westminster Hospital », à Londres, le 9 avril.
Des membres du personnel du système de santé britannique, le NHS, applaudissent devant le « Chelsea and Westminster Hospital », à Londres, le 9 avril. KEVIN COOMBS / REUTERS

Les mots de remerciement du premier ministre Boris Johnson aux équipes soignantes de l’hôpital londonien St Thomas, « qui [lui] ont sauvé la vie », ont fait sensation, dimanche 12 avril, spécialement ceux adressés à « Jenny de Nouvelle-Zélande et Luis du Portugal », les deux infirmiers qui ont veillé sur lui « en continu pendant quarante-huit heures (…) quand tout aurait pu basculer ».

Cette déclaration a mis en lumière un phénomène bien connu des Britanniques : le National Health Service (NHS), ce service public et universel de la santé qu’ils vénèrent, dépend pour une grande part du personnel étranger. Jenny et Luis sont très loin de faire exception : selon une étude publiée en juillet 2019 par la Chambre des communes, 13,1 % du personnel du NHS pour l’Angleterre n’a pas la nationalité britannique (soit 153 000 personnes sur un total de 1,2 million). Les chiffres sont encore plus impressionnants concernant les médecins : 37 % d’entre eux ont décroché leur diplôme hors du Royaume-Uni. Et à en croire les dernières données publiées par le NHS (en mars 2019), 40 % de ses médecins (britanniques ou non) sont d’origine ethnique « non blanche » (principalement asiatique).

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Cette dépendance aux personnels étrangers ou aux « BAME » (Britanniques noirs, asiatiques ou issus d’autres minorités) est un phénomène ancien : le développement du NHS, dans les années 1960, a coïncidé avec une forte immigration du Commonwealth et des ex-colonies britanniques. De loin le premier employeur du pays, le NHS a pratiqué une intense politique de recrutement hors des frontières, notamment en Inde et au Pakistan, pour combler sa pénurie récurrente de médecins. Il peine aussi à recruter des infirmières (il en manquait 40 000 en 2018) et continue à accueillir des professionnels venus du monde entier, attirés par des salaires plus élevés ou par sa réputation d’excellence.

« Happy end » pour « Jenny et Luis »

L’histoire du Portugais Luis Pitarma et de la Néo-Zélandaise Jenny McGee, les deux soignants distingués par M. Johnson, s’est terminée en happy end. D’autres, surtout parmi les « minorités » du NHS, ont un parcours bien plus sombre depuis le début de l’épidémie. Les dix médecins morts du coronavirus au 12 avril étaient tous d’origine « BAME » : Anton Sebastianpillai, 70 ans, venu du Sri Lanka exercer en gériatrie au sud-ouest de Londres, Adil El Tayar, 63 ans, un chirurgien d’origine soudanaise, Jitendra Rathod, 62 ans, praticien à Cardiff (Pays de Galles), Abdul Mabud Chowdhury, 53 ans, urologue dans l’Est londonien…

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