« L’Union européenne ne laissera pas la porte ouverte pendant qu’elle sécurise la maison »

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Le vice-président de la Commission européenne, à la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg, le 13 janvier.
Le vice-président de la Commission européenne, à la Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg, le 13 janvier. JOHN THYS / AFP

Ancien premier porte-parole de Jean-Claude Juncker pendant sa présidence de la Commission européenne de 2014 à 2019, Margaritis Schinas est aujourd’hui commissaire chargé de la protection du mode de vie européen. L’intitulé du portefeuille de ce fonctionnaire grec né en 1962 avait fait couler beaucoup d’encre. Vice-président de la Commission, il s’occupe des questions de migration, de santé ou d’éducation.

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En quoi la crise actuelle va-t-elle modifier le « mode de vie européen » dont vous avez la charge ?

Après cette crise sanitaire sans précédent – et qui débute seulement –, nous aurons affaire à un autre monde, dans lequel plusieurs tendances économiques, technologiques et de sécurité déjà à l’œuvre seront amplifiées. La Commission sera prête à faire toujours plus pour soutenir nos concitoyens. Les réponses individuelles ne suffisent pas, seule la solidarité européenne peut, et doit, prévaloir. Cette crise servira finalement à rapprocher des Etats membres prenant conscience que nos destins restent communs. Notre mode de vie a changé, mais pas nos valeurs fondamentales.

Vous êtes chargé de la coordination des politiques de santé. Ce qui se déroule illustre pourtant une assez large absence de coordination.

Dans leur réponse initiale à la pandémie, les gouvernements ont pris, en fonction de leur situation spécifique, des mesures d’urgence pour protéger leurs citoyens. Ces actions n’ont pas toujours été coordonnées, et cela a créé des difficultés. C’est pourquoi l’UE a adopté, en quelques semaines, des mesures exceptionnelles pour permettre une action plus coordonnée et plus efficace.

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Désormais, en concertation étroite avec les capitales, nous agissons pour limiter la propagation du virus et nous prenons des mesures conjointes afin de répondre à nos défis communs : l’approvisionnement en équipements médicaux ; la promotion de la recherche, qui est vitale, la formulation d’une réponse adéquate aux conséquences socio-économiques de la crise, etc.

Nous pouvons et devons faire plus pour affronter ensemble la phase aiguë actuelle. Les systèmes de santé sont soumis à une pression extrême et sans précédent. Il existe une asymétrie entre ce que les citoyens attendent de l’UE et les limites de ses compétences dans un domaine comme celui de la santé, essentiellement national. Il pourrait être opportun de changer cette situation à l’avenir, mais cela ne nous a pas empêchés d’agir et ne nous empêchera pas de le faire.

L’idée de « l’Europe qui échoue » a toutefois rapidement émergé, et beaucoup de dirigeants, ou ex-dirigeants, affirment que si l’Union ne surmonte pas cette crise, elle va imploser.

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