[ad_1]
Si l’OTAN est en « mort cérébrale », comme l’affirmait Emmanuel Macron en novembre 2019, le président français ne compte pas sur un renouvellement des spécialistes à son chevet. Le secrétaire général de l’Organisation, Jens Stoltenberg, a annoncé par communiqué, le 31 mars, la composition d’un groupe d’experts chargés de réfléchir à l’orientation future de l’Alliance. Le principe en avait été acquis au sommet de Londres, début décembre. Le groupe réunit cinq hommes et cinq femmes. La France sera représentée par Hubert Védrine, dont le nom a été mis en avant par l’Elysée dès la fin 2019.
Les questions sont nombreuses : quel positionnement par rapport à la Russie, comment traiter la question turque – membre de l’OTAN aux alliances contradictoires –, quelles capacités de projection militaire en dehors de l’Europe, etc. ? Agé de 72 ans, Hubert Védrine, ancien secrétaire général de l’Elysée (1991-1995) sous François Mitterrand, continue d’écrire des ouvrages, de façon régulière, sur la politique étrangère et l’Europe. « L’expérience n’est pas exclue pour réveiller une organisation, dit un conseiller d’Emmanuel Macron. Hubert Védrine est connu pour son indépendance d’esprit, il a déjà travaillé par le passé sur l’OTAN et il n’est pas réputé atlantiste militant. »
Depuis 2003, Hubert Védrine est aussi le gérant d’un cabinet de conseil en stratégie géopolitique portant son nom, qui a réalisé pour l’année 2018 un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros. Le cabinet effectue de l’analyse pour des groupes privés français, y explique-t-on. Il a aussi des clients étrangers, des entreprises sans concurrent français direct, et il a fait une consultation pour des pays du golfe de Guinée, il y a cinq ans, au moment de l’élaboration d’une charte sur la sécurité maritime.
Un geste d’autorité du président
Parmi les diplomates français, ce choix de l’ancien ministre des affaires étrangères a été vu comme un nouveau signe de défiance de l’exécutif. Les propos d’Emmanuel Macron à l’été 2019 sur un « Etat profond » qui résisterait à sa main tendue à la Russie avaient réjoui M. Védrine, qui a souvent fustigé l’inertie supposée de son ancienne administration. Sa désignation relève autant d’un choix idéologique que d’un geste d’autorité du président. Pourtant, la vieille opposition entre « gaullo-mitterrandiens » et « atlantistes » n’a plus guère de pertinence, dès lors que l’administration Trump a cessé d’être un allié prévisible et sûr pour les Européens.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
