Keir Starmer, nouveau leader expérimenté et rassembleur du Parti travailliste britannique

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Keir Starmer en septembre 2019.
Keir Starmer en septembre 2019. Kirsty Wigglesworth / AP

L’annonce aurait dû être faite lors d’une conférence extraordinaire, dans le centre de Londres. Une grande messe rassemblant probablement des milliers de membres du Parti. Il n’est évidemment plus question de tout cela, en pleine épidémie causée par le coronavirus. C’est donc sur le site Internet du Labour qu’a été annoncé, samedi 5 avril en fin de matinée, le nom du successeur de Jeremy Corbyn. Sans surprise, tant il partait favori en janvier dernier, il s’agit de Keir Starmer, un avocat de 57 ans.

L’ex- « secrétaire d’Etat chargé de la sortie de l’Union européenne » au sein du cabinet fantôme de Jeremy Corbyn a été désigné par 56,2 % des voix des 580 000 membres du Parti travailliste, une victoire impressionnante, laissant loin derrière ses deux concurrentes, Rebecca Long-Bailey et Lisa Nandy. « C’est un honneur et un immense privilège » a-t-il déclaré dans un long message, posté samedi midi. L’ex-avocat spécialiste des droits de l’homme, entré en politique il y a seulement cinq ans, a choisi un ton solennel et franchement rassembleur, saluant certes son « ami et collègue » Jeremy Corbyn, « qui a dirigé le parti dans des moments difficiles », mais s’empressant de « demander pardon au nom du parti » pour l’antisémitisme larvé, qui a sévi en interne ces dernières années, et a en parti discrédité son leadership.

Rassembler un parti miné par les divisions

La tâche qui l’attend est immense. Keir Starmer doit rassembler un parti miné par les divisions, qui n’a plus gouverné depuis dix ans et essuyé un fiasco historique aux élections générales de décembre 2019. Il doit aussi réussir à le faire exister, face à un gouvernement largement majoritaire et pour l’instant porté par l’opinion publique, rassemblée derrière lui pour affronter une crise historique. Cet homme, toujours tiré à quatre épingles, visage juvénile, cheveux drus et yeux bleus perçants, aura t-il les épaules assez larges ? Choisira-t-il de redresser la barre politique au centre, après cinq années de « corbynisme » très à gauche des traditions travaillistes ?

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Pas simple de répondre : Kier Starmer s’est montré excessivement prudent durant l’interminable campagne pour le remplacement de M. Corbyn (elle a duré trois mois), insistant surtout sur « l’unité » du parti. Et son parcours est moins lisible que celui de son prédécesseur. Entré au Labour dès ses 16 ans, Jeremy Corbyn s’est illustré très tôt par ses convictions radicales anticapitalistes et altermondialistes. Député depuis 1983, il n’a cessé de militer, dans la rue, dans les syndicats, à la Chambre des communes.



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