Les masques omniprésents en Asie, mais leur efficacité fait débat

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M. Fukuda met aussi en garde ceux qui croient à une force protectrice quasi “magique” des masques. “Certains territoires comme Singapour se sont globalement très bien débrouillés sans insister fortement sur les masques”, relève-t-il.

Lui aussi attribue la faible propagation de la pandémie dans ces territoires à des mesures comme l’identification systématique des proches d’une personne infectée, une bonne coordination des autorités et le respect d’une distance sociale – parfois ancrée dans la culture locale, comme au Japon.
Par ailleurs les populations de ces régions, qui ont notamment encore en mémoire l’épidémie de SRAS (2002-2004), “ont aussi été soucieuses dès le début et désireuses de coopérer avec les autorités sanitaires”, observe encore M. Fukuda. “C’est la combinaison de tous ces facteurs qui est importante”.

L’Organisation mondiale de santé (OMS) continue de déconseiller le port du masque pour le grand public, attirant l’attention sur la pénurie mondiale de ces produits et la nécessité cruciale de les distribuer en priorité au personnel médical en première ligne.

Par ailleurs, certains experts soulignent qu’un port généralisé de masques peut avoir des effets pervers, même si les stocks sont abondants.

“Les masques peuvent donner aux gens un faux sentiment de sécurité”, prévient Simon Clarke, un professeur associé de l’université de Reading (Royaume-Uni), spécialiste en microbiologie cellulaire.

Mieux que rien
Porter un masque risque ainsi d’inciter certains à ne pas respecter les recommandations de distance sociale par exemple, sou- ligne M. Clarke.

“Nous connaissons tous des gens auxquels il importe peu de venir au travail avec leur rhume et de le transmettre à tout le monde -il en sera de même avec le coronavirus”.
Malgré ces risques, les pays occidentaux, cherchant par tous les moyens à freiner la pandémie, commencent à recommander les masques pour tous.

Le port du masque obligatoire a commencé à faire école en Europe centrale, la France a commandé plus de 1,5 milliard de masques tandis que les Etats-Unis envisagent désormais de recommander à tous les Américains d’en porter, une fois que suffisamment de stocks seront disponibles.

Le professeur Cowling à Hong Kong estime toutefois que davantage de recherche est nécessaire avant de décréter l’utilité de tel ou tel type de masque contre la pandémie. Cependant “même si le port du masque pouvait seulement réduire un tout petit peu la trans- mission (du virus, NDLR), ce serait tout de même une bonne mesure à prendre”, conclut-il.



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Le Mauricien

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