« La Chine veut démontrer qu’elle peut remplacer les démocraties libérales pour protéger l’ordre international et les populations »

0
132

[ad_1]

Tribune. La Chine semble avoir réussi à maîtriser la propagation du Covid-19, et propose depuis lors son assistance au reste du monde frappé par la pandémie. Le retournement de situation auquel nous assistons doit être l’occasion de rappeler le fonctionnement de la politique et de la bureaucratie chinoises, pour ne plus être dupe de leur action, et nous poser les bonnes questions sur la réponse collective à apporter, au niveau national comme européen.

La gestion de la crise actuelle par la Chine obéit aux mêmes mécanismes internes depuis la création du Parti communiste en 1921 et la fondation de la République populaire en 1949. La seule différence notable est celle des moyens à sa disposition.

Le Parti voit le monde en trois ensembles : lui-même, ses nationaux, et les autres. L’objectif du Parti est d’étendre au maximum ce premier cercle à l’aide de son appareil, semblable à un corps diplomatique d’élite aux objectifs interne et externe. La logique est simple : plus le nombre de « supporters » est important, plus grandes sont les chances d’atteindre ses objectifs, quels qu’ils soient.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Laurent Malvezin : « Face à l’Europe, la Chine déploie une stratégie du fort au faible »

Considérant sa propre population comme exogène, son premier objectif, qui devient exacerbé en temps de crise, consiste non seulement à légitimer son maintien au pouvoir, mais aussi à se rendre suffisamment convaincant pour rallier un maximum de nouveaux membres et, parallèlement, affaiblir toutes les oppositions.

Titres et gratifications

Il doit d’abord tester les loyautés internes : chaque entreprise, publique comme privée, doit être à la disposition de l’exécutif pour remplir toute mission qui lui sera confiée. Pour les dirigeants chinois, les efforts pour juguler la propagation du Covid-19 sont une opportunité pour resserrer les liens – entendre le contrôle – entre le Parti et la société.

Sous peu, les entreprises mobilisées recevront titres et gratifications honorifiques, leur ouvrant des portes jusque-là fermées du Parti, et par là même les subsides de l’Etat. Les recrutements de nouveaux membres du Parti battront leur plein pour renverser la tendance actuelle de raréfaction des jeunes recrues, et ainsi élargir l’entre-soi lequel se mesure au nombre des membres de plein droit et de ses supplétifs.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La crise du coronavirus ébranle aussi l’idée de démocratie et de liberté »

Fait notable depuis l’arrivée de Xi Jinping en 2012, le rythme de croissance des adhésions diminue. Depuis 2009, chaque année voyait de 2 à 3 millions de nouveaux encartés, mais depuis 2013, cette tendance s’inverse pour atteindre un étiage, avec 688 000 nouveaux membres en 2016 « seulement ». Le déclin est particulièrement prononcé chez les étudiants : ils étaient 2,5 millions en 2010, 1,8 million en 2018, en baisse de 28 % sur dix ans.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: