les divisions de l’Union européenne la placent face à un « danger mortel »

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Mosaïque des membres du Conseil européen, vue depuis le bureau du premier ministre italien Giuseppe Conte, à Rome, le 26 mars.
Mosaïque des membres du Conseil européen, vue depuis le bureau du premier ministre italien Giuseppe Conte, à Rome, le 26 mars. HANDOUT / AFP

Le scénario d’une crise profonde prend chaque jour un peu plus forme au sein de l’Union européenne (UE). Divisés sur la riposte économique commune à apporter pour faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept doivent se réunir le 7 avril, par visioconférence, afin de trouver un terrain d’entente. Mais déjà, la fracture Nord-Sud, qui avait failli faire imploser l’UE en 2010 lors de la crise de la dette de la zone euro et du sauvetage de la Grèce, ressurgit avec force.

« Le microbe est de retour », s’est alarmé le 28 mars Jacques Delors. Sortant de son silence, l’ex-président de la Commission européenne, 94 ans, dénonce un « danger mortel » pour le projet européen si d’aventure les pays membres s’avéraient incapables d’afficher leur solidarité. « Sans solidarité, les liens et les raisons d’être ensemble tombent à l’eau », a prévenu de son côté le président du Parlement européen, l’Italien David Sassoli.

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Lundi 30 mars, c’était au tour du président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, également ministre des finances du Portugal de mettre en garde contre un risque de « fragmentation » au sein de l’union monétaire. « Nous devons explorer les moyens de mettre en œuvre les instruments existants mais nous devons être ouverts à l’examen d’autres solutions lorsque les premières s’avèrent inadéquates », soulignait-il dans un courrier envoyé à ses homologues européens.

Le torchon brûle en effet au sein de l’UE entre des pays du Sud, comme l’Italie et l’Espagne parmi les plus touchés par la pandémie et aux finances fragiles, et ceux du Nord, emmenés par les Pays-Bas − chef de file des états dits « frugaux » − et par l’Allemagne et l’Autriche, partisans de la maîtrise des finances.

Les premiers, soutenus par la France et six autres pays européens (la Grèce, le Portugal, la Slovénie, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande, rejoints depuis par Chypre) plaident pour la création d’un instrument commun de mutualisation des dettes sous forme de « coronabonds ».

Les seconds ne veulent pas en entendre parler, préférant la piste du Mécanisme européen de stabilité (MES), un fond de sauvetage de la zone euro créé en 2012. Doté d’une force de frappe de 410 milliards d’euros de lignes de crédit, le MES est un dispositif d’aides sous conditions symbolisées par les demandes de politique d’austérité aux pays bénéficiaires, comme ce fut le cas en Grèce et au Portugal.

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