les dix jours perdus par Boris Johnson dans la lutte contre le coronavirus

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Boris Johnson annonce de nouvelles mesures pour limiter la propagation du COVID-19, lors d’un point de presse quotidien sur le coronavirus, le 22 mars.
Boris Johnson annonce de nouvelles mesures pour limiter la propagation du COVID-19, lors d’un point de presse quotidien sur le coronavirus, le 22 mars. IAN VOGLER / AP

Jeudi 12 mars. En France, Emmanuel Macron déclare que le pays affronte, avec le coronavirus, « la plus grosse crise sanitaire depuis un siècle », et annonce la fermeture des écoles. Les tensions apparaissent dans les hôpitaux de l’Est et du bassin parisien. L’Hexagone prend enfin le parti italien. Mais de l’autre côté de la Manche, le gouvernement britannique continue à prôner le laisser-faire : les consignes se résument au lavage des mains. « Nous avons quatre semaines de retard sur les autres pays », assure Patrick Vallance, le conseiller scientifique en chef de Boris Johnson.

Lundi 23 mars, le revirement de stratégie est complet. Les écoles ferment partout dans le pays, les pubs et les restaurants sont clos depuis l’avant-veille. Et le confinement de Londres parait inévitable à court terme, avec 281 morts comptabilisés au 22 mars.

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Dimanche 22 mars, Boris Johnson a envoyé un message alarmiste : « Nous ne sommes plus qu’à deux ou trois semaines derrière l’Italie. Les Italiens ont un superbe système de santé, mais il a été complètement dépassé par la demande. A moins d’agir collectivement, (…) il est très probable que notre NHS sera dépassé de la même manière. » Le bilan des morts grimpe à 281 (48 de plus en vingt-quatre heures).

Pourtant, le gouvernement n’annonce qu’un confinement partiel de la population : 1,5 million de personnes vulnérables vont être consignées à domicile pour au moins douze semaines. Boris Johnson leur demande de ne sortir « sous aucun prétexte ». Courses et médicaments seront livrés à domicile. Pour les autres, « il est très important qu’ils puissent continuer à s’exercer dans les parcs, mais ils doivent le faire de manière responsable, sinon, nous irons plus loin ».

« Le gouvernement joue à la roulette avec le public »

Pourquoi le gouvernement britannique n’a-t-il pas mis à profit ces semaines de retard sur le reste de l’Europe pour tirer la leçon des cas italien et français, mieux se préparer et prendre des décisions plus radicales ? Retour sur ces dix jours durant lesquels Boris Johnson a dû totalement revoir sa copie. Dix jours de perdu dans la lutte contre la pandémie, accusent déjà ses très nombreuses critiques.

Jeudi 12 mars, le premier ministre annonce le passage à la « phase 2 » de la réponse au coronavirus (l’endiguement), et déclare que les Britanniques doivent s’attendre « à ce que bien plus de leurs proches meurent ». Mais il se contente de recommander l’autoconfinement pendant sept jours de ceux présentant les symptômes de la maladie.

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