le gouvernement britannique décale d’un an les élections municipales à Londres

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Le maire de Londres, Sadiq Khan, restera à son poste un an de plus.
Le maire de Londres, Sadiq Khan, restera à son poste un an de plus. Stefan Rousseau / AP

Le gouvernement Johnson refuse encore de fermer les écoles et d’interdire les rassemblements mais, en revanche, Downing Street a fait savoir, vendredi 13 mars, que les élections locales du 7 mai seraient reportées à l’année prochaine en raison du coronavirus. Le scrutin concernait le renouvellement de 118 conseils locaux, de l’Assemblée de Londres (une sorte de conseil municipal) et de sept maires d’agglomérations dans le pays, dont Londres. Sadiq Khan, le maire travailliste de la capitale britannique depuis 2016, devrait donc rester à son poste un an de plus.

M. Khan avait officiellement lancé sa campagne début mars, comptant mener bataille contre la crise du logement londonien en promettant, s’il était réélu pour un deuxième mandat, de militer pour un contrôle des loyers. Favori dans les sondages, il s’apprêtait à affronter deux adversaires de poids : le conservateur Shaun Bailey, qui comptait l’attaquer sur son piètre bilan en matière de lutte contre les crimes au couteau. Et Rory Stewart, ex-ministre conservateur du gouvernement May, écarté du parti pour s’être opposé, à l’automne dernier, à la stratégie jusqu’au-boutiste de Boris Johnson pour un Brexit sans accord.

« Je vais continuer à travailler avec le gouvernement et les experts pour aider Londres à surmonter le coronavirus dans les semaines et les mois qui viennent. Je ferai toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour défendre Londres », a réagi M. Khan sur Twitter vendredi. « Londres a besoin de changement mais il est normal que le gouvernement mette la priorité sur la santé publique et décale les élections. Je vais passer l’année qui vient à travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour que Sadik Khan ne fasse qu’un mandat », a pour sa part tweeté Shaun Bailey.

« Minimiser les risques pour les votants »

La décision de Downing Street ne suscitait quasiment aucune polémique vendredi soir : le gouvernement a expliqué redouter que le scrutin tombe en plein pic de l’épidémie. Pour le conseiller scientifique en chef de M. Johnson, Sir Patrick Vallance, ce pic pourrait advenir « d’ici dix à quatorze semaines », c’est-à-dire au cœur du printemps. Jeudi déjà, la commission électorale, un organe indépendant, avait recommandé au gouvernement de reconsidérer le scrutin : les candidats n’auraient pas été en mesure de mener une campagne dans de bonnes conditions, et les populations risquaient de ne pas être très réceptives à leurs arguments. « Nous nous félicitons de la décision du gouvernement britannique de décaler les élections de mai, a réagi la commission dans un communiqué publié vendredi. Cela va permettre aux autorités de concentrer leur effort sur les services publics essentiels, et de minimiser les risques pour les votants, les militants et les candidats. »

Londres comptabilisait 136 cas confirmés de contamination au Covid-19 vendredi, pour un total de 798 cas dans l’ensemble du Royaume-Uni (et 11 décès, dont un premier en Ecosse). La capitale tourne encore, mais de plus en plus au ralenti. Les métros sont moins bondés aux heures de pointe – un conducteur du Tube a d’ailleurs été testé positif pour la première fois vendredi –, le trafic routier est légèrement moins dense, et des campus ont annoncé le passage aux cours en ligne.

Le Marathon de Londres, prévu fin avril, a lui aussi été décalé (au 4 octobre 2020) et Buckingham Palace a fait savoir que la reine, 94 ans le 21 avril, annulait une série d’engagements prévus pour les jours à venir. Par ailleurs, à partir de lundi 16 mars, les visiteurs ne seront plus autorités à entrer dans Westminster, mais le Parlement, institution centrale de la démocratie britannique, reste en activité – jusqu’à nouvel ordre.

Ne faudrait-il pas au contraire tout fermer sans attendre, le Parlement, les écoles, les commerces non essentiels, au-delà de ces demi-mesures ? La polémique n’a cessé d’enfler ces dernières heures, le Royaume-Uni continuant à se distinguer d’une liste de plus en plus longue de pays européens adoptant des mesures radicales de distanciation sociale. M. Vallance a expliqué vendredi la stratégie du gouvernement. Elle consiste à parier sur l’acquisition d’une « immunité collective », à mesure que la population britannique est contaminée (et développe en majorité une forme légère du coronavirus). Une stratégie « dangereuse », estime Devi Sridhar, professeure de santé publique à l’Université d’Edimbourgh, citée par The Guardian.



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