en Arabie saoudite, les plans de développement du royaume contrariés

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Le gisement pétrolier de Manifa, géré par Saudi Aramco, en Arabie saoudite, en 2015.
Le gisement pétrolier de Manifa, géré par Saudi Aramco, en Arabie saoudite, en 2015. Handout . / REUTERS

Turbulences économiques en vue en Arabie saoudite. L’effondrement des cours de l’or noir, conséquence de l’épreuve de force pétrolière que le royaume a engagée avec la Russie, risque de peser lourdement sur les projets de développement du pays. La chute attendue du montant des rentrées pétrolières, qui forment l’essentiel du budget de l’Etat, promet d’affecter le plan « Vision 2030 », le programme de modernisation et de diversification de l’économie lancé par le prince héritier Mohammed Ben Salman, dit « MBS », qui peinait déjà à décoller.

« On va recommencer à souffrir », soupire un homme d’affaires libanais, sous couvert d’anonymat, qui travaille dans l’événementiel en Arabie et avait profité, ces derniers mois, de la multitude de conférences générées par les initiatives du pouvoir. « Les prix du brut ne remonteront pas de sitôt, poursuit-il. Après la précédente chute des cours, en 2014, on avait traversé des années noires. Le gouvernement va être obligé de réduire drastiquement les dépenses. »

Riyad a décidé d’ouvrir en grand les vannes de sa production, en représailles au refus de Moscou de poursuivre la politique de soutien des prix du brut, mise en place depuis 2016 au sein de l’OPEP + (groupe de vingt-quatre pays, composé des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de dix autres Etats, dont la Russie). Après avoir annoncé, mardi 10 mars, une hausse de sa production d’au moins 2,5 millions de barils par jour (b/j), la portant au niveau record de 12,3 millions de b/j en avril, le royaume a renchéri mercredi 11 mars, en promettant de mettre sur le marché 13 millions de b/j.

Pire chute en près de trente ans

Conséquence immédiate de cette stratégie destinée à capter les parts de la Russie sur le marché, les cours du pétrole ont plongé d’environ 25 % depuis lundi, leur pire chute en près de trente ans. Les Emirats arabes unis, quatrième producteur de l’OPEP et proche allié de l’Arabie saoudite, se sont aussi dits prêts à augmenter leur production de plus de 1 million de b/j.

Les craintes suscitées par cette politique de la corde raide se sont aussitôt exprimées sur le Tadawul, la Bourse de Riyad, qui a dévissé de 13 % depuis dimanche 8 mars. Le sentiment d’incertitude qui prévaut parmi les investisseurs est exacerbé par la nouvelle vague d’arrestations au sein de la famille royale, ordonnée, la semaine dernière, par « MBS ». Cette purge, qui a visé notamment l’un des frères du roi Salman, le prince Ahmed Ben Abdelaziz, est destinée à débarrasser le prince héritier de tout obstacle potentiel dans sa marche vers le trône.

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