Doutes sur la fusion de Fincantieri et des Chantiers de l’Atlantique

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Sur les chantiers de Saint-Nazaire, en novembre 2017.
Sur les chantiers de Saint-Nazaire, en novembre 2017. JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

La Commission européenne va-t-elle à nouveau mettre son veto à la création d’un champion européen, dans la construction navale cette fois ? Après le rejet de la fusion Alstom-Siemens dans le ferroviaire, la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager, s’apprête à refuser la prise de contrôle des Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) par l’italien Fincantieri, assure l’agence Reuters. La vice-présidente de l’exécutif européen n’a ni démenti ni confirmé, mercredi 11 mars, sur BFM Business. « Le dossier est en cours et je ne fais jamais de commentaires en public sur des questions qui ne sont pas tranchées », a-t-elle précisé, ajoutant que « la décision est prévue pour fin avril ».

Lire la chronique : « Reprise des Chantiers de l’Atlantique par Fincantieri, un test politique fort pour Bruxelles »

Ce mariage soutenu par Paris et Rome prévoit que Fincantieri détiendra 50 % du capital de la nouvelle société et que l’Etat français lui prêtera 1 % supplémentaire pour qu’il détienne le contrôle opérationnel des chantiers. Néanmoins, Paris pourra reprendre ce 1 % s’il juge que l’italien n’a pas respecté ses engagements et que le site de Saint-Nazaire est menacé.

Comme pour la fusion d’Alstom et Siemens, les entreprises ne sont visiblement pas prêtes à d’importantes concessions pour répondre aux « griefs » formulés par Bruxelles. « Rien ne se fait à tout prix, mais ce serait dommage de perdre une occasion pour l’industrie européenne, a prévenu le président de Fincantieri, Giampiero Massolo, le 23 janvier. Dans tous les cas, une cession de capacités de production n’est pas en vue. » Il jugeait que « l’opération ne porte préjudice ni aux consommateurs ni aux armateurs ».

Partenariat avec la Chine

L’opération donnerait naissance à un géant – surtout dans les paquebots de croisière. En Europe, il ne resterait plus face à lui que l’allemand Meyer Werft, bien moins puissant. Mais le marché se limite-t-il aux frontières des Vingt-Sept ? « Le marché de référence des chantiers navals est mondial », estime M. Massolo. Et, à ce niveau-là, il aurait les concurrents asiatiques, comme le coréen Hyundai, les Japonais, mais surtout le nouveau mastodonte chinois. Les deux constructeurs étatiques, China State Shipbuilding Corp (CSSC) et China Shipbuilding Industry Corp (CSIC), ont annoncé leur fusion en juillet 2019. Leur objectif est de monter en gamme et d’exporter plus de navires à forte valeur ajoutée.

Un autre sujet peut inquiéter les Européens : le partenariat signé, en 2016, par Fincantieri avec CSSC, qui va construire des paquebots sur ses chantiers de Shanghaï pour le compte de l’américain Carnival, premier croisiériste au monde. La Chine croit au développement de ce type de tourisme en Asie, mais ses entreprises n’ont pas encore tout le savoir-faire historique de groupes comme les Chantiers de l’Atlantique et Fincantieri.

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