L’onde de choc de la chute du pétrole et du coronavirus pèse sur les matières premières

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Des bobines de cuivre, près d’Hanoï, au Vietnam, en août 2017.
Des bobines de cuivre, près d’Hanoï, au Vietnam, en août 2017. Nguyen Huy Kham / REUTERS

L’or noir plonge et l’or jaune garde la tête hors de l’eau. Voilà, en un raccourci, deux tendances frappantes de l’évolution du cours des matières premières en ce début d’année. Une période marquée par l’irruption du coronavirus d’abord à Hubei, au cœur de la Chine, puis dans de nombreux foyers aux quatre coins de la planète. Mais aussi par la chute brutale du cours du pétrole.

Lundi 9 mars, le baril de brent a perdu près de 25 % de sa valeur. Une onde de choc qui a percuté les marchés actions, mais aussi l’ensemble des cours des matières premières. « Si le pétrole vous brûle les doigts, vous vous défaites de positions sans distinction, d’autant que certains index regroupent plusieurs matières premières. Il y a donc eu une incidence sur les métaux industriels, comme le cuivre, qui a perdu 2,5 %, le plomb, 3 % ou le nickel, en recul de 1,5 % », explique Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI AM.

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Les matières premières agricoles n’ont pas été épargnées, bien au contraire. En particulier, celles transformées en agrocarburant. La baisse du cours du pétrole rend ce débouché industriel moins rémunérateur pour les cultures concernées. Le soja, le maïs, le colza, l’huile de palme et le sucre ont subi un net retrait de leurs cours respectifs – l’huile de palme cédant, par exemple, 5 %, et le sucre 3 %.

« Beaucoup d’éléments se conjuguent »

Cette tendance baissière, accentuée lundi, était déjà d’actualité depuis que le coronavirus a frappé la Chine. Même si cette crise sanitaire n’explique pas tout. « Beaucoup d’éléments se conjuguent pour expliquer les tendances, comme la chute la plus spectaculaire, celle du pétrole. L’effet du coronavirus vient se rajouter à une tendance baissière liée à un marché excédentaire », selon Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine. Et c’est la guerre des prix lancée entre l’Arabie saoudite et la Russie qui a fini par précipiter le baril dans une chute vertigineuse.

De même, pour le Baltic Dry Index (BDI), indice du prix du fret maritime, jaugeant la demande mondiale de bateaux chargés de produits secs (céréales, minerais ou charbon). Il a coulé, en février, à son plus bas niveau depuis 2016. La menace du Covid-19 sur l’économie chinoise et donc mondiale a contribué à ce plongeon. Mais, déjà, en tout début d’année, le BDI tanguait avec l’entrée en vigueur, au 1er janvier, d’une nouvelle réglementation environnementale pour le transport maritime, qui limite les émissions de soufre en réduisant sa présence dans les carburants. Sans oublier les remous liés à la guerre commerciale à laquelle se livrent les Etats-Unis et la Chine.

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Dans ce contexte tendu, le coronavirus mine les perspectives économiques. La quasi-mise à l’arrêt de la Chine en février, premier consommateur de matières premières, a fait reculer les cours des métaux. Le cours du cuivre, considéré comme un thermomètre de la santé économique mondiale de par la variété de ses utilisations dans l’industrie, est en recul de près de 11 % depuis janvier. Le gouvernement chinois tente maintenant de relancer la machine. Mais le coronavirus a franchi les frontières. « La principale inquiétude vient maintenant des Etats-Unis, avec la faiblesse de son système de santé », estime M. Louvet.

Sans surprise, l’or profite des craintes des investisseurs, même s’ils sont contraints, parfois, d’en céder pour combler leurs pertes. Il s’apprécie de plus de 10 % depuis le début de l’année.

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