dix défis pour transformer le pays – Jeune Afrique

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À la tête de l’État algérien depuis bientôt cent jours, Abdelmadjid Tebboune doit lancer de nouvelles réformes pour transformer en profondeur le pays.


Depuis la présidentielle du 12 décembre 2019, un élément de langage s’est frayé un chemin dans le discours public : l’« Algérie nouvelle ». « Il faut tout rebâtir », explique l’entourage d’Abdelmadjid Tebboune. À commencer par le site internet de la présidence, expurgé des archives de l’ère Bouteflika et barré, à ce jour, de la mention « en cours de construction ».

Plus emblématique encore : le chantier de la réforme constitutionnelle. La réécriture de la Loi fondamentale, dont une première copie doit être présentée à la mi-mars, a valeur de test. Traduira-t-elle la volonté d’Abdelmadjid Tebboune d’être le président de la transition démocratique ? D’autres réformes, cruciales pour la réussite du quinquennat, ont été engagées ces trois derniers mois.

• Réformer la Constitution

Le 7 mars 2019 à Alger, un manifestant brandit un exemplaire de la Constitution.

Le 7 mars 2019 à Alger, un manifestant brandit un exemplaire de la Constitution. © Farouk Batiche/dpa Picture-Alliance/AFP

Le nouveau texte renforcera le pouvoir des députés pour proposer des lois

Dès son élection, Abdelmadjid Tebboune a installé une commission d’experts pour plancher sur une première mouture qui sera ensuite soumise à un large débat public. Le locataire d’El-Mouradia entend d’abord détricoter l’héritage de Bouteflika, qui a hyperprésidentialisé le pouvoir en accordant au chef de l’État des pouvoirs exorbitants.

Tebboune entend partager davantage de prérogatives avec l’autre tête de l’exécutif : le Premier ministre – un simple coordinateur aujourd’hui –, dont le poste sera supprimé pour recréer une chefferie dotée d’une large autonomie de décision. Aussi, dans la nouvelle Constitution, le chef du gouvernement sera-t-il comptable de ses décisions et responsable devant le Parlement, et non plus placé sous la coupe directe du président comme c’est le cas depuis l’adoption de la Constitution de 2008.

Le nouveau texte renforcera le pouvoir des députés pour proposer des lois, auditionner librement les ministres ou censurer le gouvernement. Les trois dispositions, aujourd’hui en vigueur, n’ont jamais été appliquées en dix ans, tant et si bien que le Parlement est devenu une chambre d’enregistrement.

Après son examen par les députés et les sénateurs, la nouvelle Constitution sera soumise à un référendum. C’est là que réside le principal écueil : le nouveau pouvoir va devoir convaincre les Algériens de se rendre aux urnes, alors qu’ils ont massivement boycotté la présidentielle du 12 décembre.

• Réguler le secteur des médias

Dans les locaux d'Ennahar TV, en Algérie (image d'illustration).

Dans les locaux d’Ennahar TV, en Algérie (image d’illustration). © Zinedine Zebar / JA

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