Pendant huit mois, la forêt australienne a brûlé

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Lors d’un concert caritatif en faveur des victimes des incendies, le 16 février, à Sydney.
Lors d’un concert caritatif en faveur des victimes des incendies, le 16 février, à Sydney. PETER PARKS/AFP

La fin de cette longue séquence a été expédiée en un Tweet, 175 caractères et une énième photo d’arbres calcinés. « Pour la première fois depuis début juillet 2019, il n’y a actuellement aucun feu de brousse ou de prairie actif en Nouvelle-Galles du Sud », ont écrit, lundi 2 mars, les pompiers de l’Etat australien le plus touché par les incendies, jusqu’à ce que la pluie finisse par éteindre les derniers brasiers. Un Tweet passé quasiment inaperçu dans un pays encore groggy par la magnitude de la catastrophe et où chacun réalise qu’il faudra encore de longs mois avant de connaître l’ampleur exacte des dégâts, et des années pour restaurer ce qui peut l’être.

« A quoi va ressembler l’avenir ? Franchement, je ne sais pas », se désole Margaret Tadrosse

Pendant 240 jours consécutifs, les feux ont dévoré le sud-est de l’île-continent, causant la mort de 33 personnes, détruisant plus de 3 000 habitations et dévastant 12,6 millions d’hectares de forêts. « A quoi va ressembler l’avenir ? Franchement, je ne sais pas », se désole Margaret Tadrosse, 57 ans, qui a perdu 6 000 pommiers et 3 millions de dollars australiens d’investissements (près de 1,8 million d’euros), le 21 décembre, lorsque les flammes ont déferlé sur son verger, dans la petite commune de Bilpin, à 80 kilomètres de Sydney. « Je n’ai pas les moyens de remettre mes parcelles en état et malgré toutes les démarches que j’ai entreprises, je n’ai pas reçu un sou, de qui que ce soit. »

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Si de nombreux Australiens se sont tournés vers leurs compagnies d’assurances – qui, dans l’ensemble du pays, pourraient débourser jusqu’à 1,3 milliard de dollars australiens pour dédommager leurs clients –, Margaret Tadrosse, comme beaucoup d’autres, sait qu’elle ne touchera rien. « J’étais assurée contre la grêle mais pas contre les incendies. Le risque me semblait minime et cela m’aurait coûté trop cher », explique-t-elle, désemparée. Elle espère néanmoins pouvoir compter sur quelques-unes des aides promises par les autorités. Le gouvernement fédéral a notamment mis sur pied une agence dotée d’une enveloppe de 2 milliards de dollars pour soutenir l’effort de reconstruction.

« Le drame continue »

Selon une étude menée par l’université nationale australienne, 75 % de la population a été touchée par ces feux, 3 millions de personnes directement et 15 millions indirectement. Parmi elles, les habitants de Sydney, Melbourne et Canberra, qui ont inhalé de manière répétée et prolongée des fumées toxiques. Les conséquences à long terme sur leur santé restent, pour l’heure, inconnues.

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