cauchemar dans la télé-réalité espagnole

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LETTRE DE MADRID

L’émission de téléréalité Gran Hermano, le Big Brother espagnol, est sur le banc des accusés pour le viol présumé d’une candidate en 2018.
L’émission de téléréalité Gran Hermano, le Big Brother espagnol, est sur le banc des accusés pour le viol présumé d’une candidate en 2018. TELECINO

Deux ans après les faits, le procès du viol présumé d’une candidate de la série de télé-réalité Gran Hermano, le Big Brother espagnol, est sur le point de s’ouvrir en Espagne. Début février, le juge d’instruction a signé l’ordonnance de renvoi devant le tribunal de Colmenar Viejo, ville située à une quarantaine de kilomètres au nord de Madrid.

Et plus les détails de cette sordide histoire sont révélés par la presse, plus le comportement de la direction de ce jeu de télé-réalité – il consiste à enfermer plusieurs personnes dans une maison et à les filmer 24 heures sur 24 pendant des mois tandis que le public les élimine un par un –, semble incompréhensible.

Non seulement les responsables de la maison de production Zeppelin, chargée du programme, ne sont pas intervenus pour empêcher qu’un candidat, José María Lopez, n’entraîne une participante, Carlota Prado, dans un lit, alors qu’elle se trouve visiblement dans un état de semi-inconscience dû à un abus d’alcool. Mais après s’être rendu compte qu’ils pouvaient s’être trouvés face à un cas de possible abus sexuel, ils ont imposé à la victime le visionnage des images, par surprise, en la convoquant, seule, dans le « confessionnal », en filmant ses réactions et lui parlant à travers un mégaphone, comme l’a révélé, en novembre 2019, le site d’information El Confidencial.

Le 2 mars, une nouvelle controverse a surgi après la publication par le quotidien El Pais des témoignages, devant le juge d’instruction, des responsables de Zeppelin en décembre 2018. La superviseuse de garde, Maria Robles, confirme au juge que la nuit des faits, l’équipe de production suivait avec attention les faits et gestes du couple, formé depuis plus d’un mois par Carlota et José Maria, alors tous deux âgés de 24 ans.

Inconsciente

La scène se passe d’abord dans le salon, où a lieu une fête. Les organisateurs ont fourni de l’alcool aux concurrents, alors qu’ils ont échoué à la dernière épreuve et n’ont donc presque plus de nourriture dans la maison. « J’ai vu un semblant de dispute : c’était du contenu pour nous », explique-t-elle au juge.

Sur les images, qui circulent encore sur les réseaux sociaux, on voit Carlota, ivre, se débattre tandis que José Maria l’attrape par les poignets pour l’emmener dans la chambre. Quand ils s’allongent sur le lit et que José Maria les couvre avec la couette pour ne pas être vu des caméras, Mme Robles intervient alors… pour leur demander de replacer correctement leur micro-cravate, avoue-t-elle.

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