La Fed sabre dans ses taux d’intérêts par surprise

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La Réserve fédérale américaine a pris tout le monde de court, mardi 3 mars, en baissant à chaud ses taux d’intérêt d’un demi-point. C’est la première fois depuis la grande crise financière de 2008 que la Fed intervient par surprise et avec un mouvement d’une telle ampleur. La banque centrale présidée par Jerome Powell entend ainsi faire sa part du travail alors que l’économie mondiale est menacée par l’épidémie due au coronavirus. Les taux directeurs évolueront désormais dans une fourchette comprise entre 1 et 1,25 %, loin des 2,25 % – 2,5 % atteints en décembre 2018.

Et pourtant, elle n’a satisfait personne. Ni les marchés, qui sont repartis à la baisse après avoir fortement rebondi la veille : l’indice Dow Jones a fini la journée en baisse de près 3% (2,94%) tandis que les taux d’intérêt à dix ans s’effondraient en séance jusqu’à 0,919 %. Ni Donald Trump, qui a comme souvent trouvé que c’était trop peu. « Plus de baisse ! », a exigé le président des Etats-Unis sur Twitter. Et ni les partenaires mondiaux des Etats-Unis, qui ont été laissés en plan par le cavalier seul américain, quelques heures après une réunion des ministres des finances du G7, qui laissait espérer une coordination mondiale. Dans leur communiqué, les grands argentiers de la planète se disaient prêts à « utiliser tous les instruments appropriés » pour atténuer l’impact économique de l’épidémie de coronavirus, et en particulier à prendre des mesures « budgétaires ».

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La Fed devait-elle vraiment intervenir ?

L’affaire suscite de nombreuses interrogations. Sur le fond, la Fed se devait d’intervenir. C’est la thèse notamment de Patrick Artus, économiste en chef de Natixis. Les taux d’intérêts à dix ans étaient tombés à un plus bas historique de 1,031 %, bien supérieur au loyer de l’argent à court terme. « La courbe des taux était beaucoup trop inversée », estime Artus. Cette situation était une incitation à ne pas prêter aux entreprises qui risquent de se trouver en panne de financement.

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L’arme monétaire est peu utile lorsque les usines n’ont plus d’ouvriers et que les consommateurs sont calfeutrés mais elle peut aider, conjuguée avec l’arme budgétaire, ménages et entreprises à passer les fins de mois. L’ennui, c’est que la mesure a aggravé le mal, les taux à dix ans passant sous la barre des 1 % mardi 3 mars. La Fed comptait sur un effet psychologique, pour montrer aux opérateurs qu’elle ne laisserait pas l’économie sans agir, c’est raté pour l’instant. La banque centrale a été poussée à réagir par la chute des marchés, la plus sévère baisse hebdomadaire depuis la crise de 2008 : il fallait empêcher la crise sur le terrain d’être amplifiée par une panique financière.



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