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Depuis plusieurs jours, les victimes de violences sexuelles et de viols peuvent témoigner, anonymement ou non, via un hashtag lancé après la récompense remise à Roman Polanski aux César.
Les femmes ne veulent plus se taire. Quatre jours après la très polémique cérémonie des Césars qui a vu les actrices Adèle Haenel et Aïssa Maïga, ainsi que la réalisatrice Céline Sciamma, quitter la salle lorsque Roman Polanski a remporté la récompense du meilleur réalisateur pour le film J’accuse, la colère se poursuit sur les réseaux sociaux.
Durant le week-end dernier, le hashtag #JeSuisVictime grâce auxquelles les victimes de violences sexuelles et de viols ont pu relater leurs expériences, a été utilisé à plusieurs milliers de reprises. À tel point que la police nationale s’est, ce lundi, fendue d’un tweet qui appelle les victimes à témoigner.
“Si vous êtes victime d’une infraction à caractère sexuel ou sexiste, déposez plainte pour #NeRienLaisserPasser”, peut-on lire.
Pourtant, comme le rappelait Libération dans un article consacré à la question des condamnations effectives pour viol par rapport au nombre de plaintes déposées, sur l’année 2017, environ 10% seulement de ces plaintes ont abouti à une condamnation au pénal.
Lundi toujours, l’association Nous Toutes a également réagi au hashtag, envoyant un message de soutien à toutes les personnes qui témoignaient.
“Nous vous croyons. Vous n’y êtes pour rien. C’est lui le coupable. La loi l’interdit”, est-il écrit.
Des numéros nationaux d’aide aux victimes ont également été rappelés dans cette publication, qui s’est accompagnée d’un second hashtag: #JaiPasDitOui.
Nous vous croyons.
Vous n’y êtes pour rien.
C’est lui le coupable.
La loi l’interdit.#jesuisunevictime pic.twitter.com/NOnWlnDhLh— #NousToutes (@NousToutesOrg) March 2, 2020
Les témoignages se multiplient
Sur le réseau social, les témoignages sont nombreux et horrifiants.
“J’avais 9 ans, il me disait que j’aimais ça et que j’étais douée. Il l’a fait dans mon lit, ma salle de bain, sa voiture, les vestiaires de l’athlé, la chambre de ses fils qui dormaient à côté de moi. C’était furtif mais ce sont les plus longs instants de ma vie”, relate une internaute
“J’ai été agressée sexuellement lors d’un festival, je suis restée tétanisée. Quand j’ai porté plainte j’ai dû me justifier constamment sur ma tenue. Résultat: classé sans suite. Ça arrive pas qu’aux autres, faites attention à vous”, raconte une autre.
Le hashtag est également l’occasion pour les victimes de dénoncer les violences commises en couple.
Une utilisatrice confesse par exemple avoir reçu des violences “de mes 16 à 17 ans et demi, sous chantage affectif.”
En cas de violences, plusieurs numéros sont disponibles pour les victimes: le 3919, le 0800 05 95 95 ou encore le 119.
3919: le numéro de téléphone pour les femmes victimes de violence
Le “3919”, “Violence Femmes Info”, est le numéro national de référence pour les femmes victimes de violences (conjugales, sexuelles, psychologiques, mariages forcés, mutilations sexuelles, harcèlement…). C’est gratuit et anonyme. Il propose une écoute, informe et oriente vers des dispositifs d’accompagnement et de prise en charge. Ce numéro est géré par la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).
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