Benyamin Nétanyahou revendique « la plus importante victoire » de sa vie

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Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, après la victoire de son parti, le Likoud, au parc des expositions de Tel-Aviv, le 3 mars.
Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, après la victoire de son parti, le Likoud, au parc des expositions de Tel-Aviv, le 3 mars. AMIR COHEN / REUTERS

Il lui fallait s’empresser de proclamer sa victoire pour la rendre inéluctable. Au parc des expositions de Tel-Aviv, mardi 3 mars vers 2 heures du matin, Benyamin Nétanyahou interrompt une salle en liesse, aux allures de boîte de nuit, pour acter la victoire de son parti, le Likoud, aux élections législatives israéliennes, les troisièmes en un an. Les drapeaux israéliens et américains s’abaissent. Un vieux guitariste en smoking fait silence. Un homme retire son masque en caoutchouc à l’effigie de « Bibi » Nétanyahou, que certains embrassaient à pleine bouche quelques heures auparavant.

Ce n’est rien de moins que « la plus importante victoire de [sa] vie », soupire le premier ministre, d’autant plus « douce » qu’elle s’impose « contre toute attente. Nous avons fait face à des puissances immenses. Ils nous enterraient déjà. Ils disaient que l’ère de Nétanyahou était finie », tonne-t-il, sa voix de basse éraillée par près d’un an de campagne ininterrompue.

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Sur la base de 90 % des voix dépouillées, le Likoud était en tête mardi matin, avec 36 sièges et une confortable avance sur ses rivaux de Bleu Blanc (32). Mais au cours de la nuit, M. Nétanyahou ne dit rien des deux mandats qui manquent encore à son alliance avec les partis ultranationalistes et religieux, pour former une majorité à la Knesset (61 parlementaires). Le décompte officiel s’égrènera encore jusqu’à mardi soir. Un siège gagné ou perdu ici et là ferait une grande différence.

Le premier ministre ne s’est pas embarrassé de doutes : il a promis de former rapidement une coalition de droite. Quand la foule sifflait son opposition, il n’a pas exclu non plus un gouvernement d’union avec son principal rival, l’ex-chef d’état-major Benny Gantz. Mais ce serait à ses conditions. M. Nétanyahou mesure aussi la lassitude des électeurs. Ainsi, son ancien ministre de la défense et rival, Avigdor Lieberman, doté d’un score décevant de sept sièges, affirmait mardi matin qu’il souhaitait épargner aux Israéliens un 4e scrutin de rang.

Porté par une participation record depuis vingt ans (71 % selon les sondages), M. Nétanyahou effectue un retour à la case douloureuse de mai 2019, lorsqu’il lui avait manqué un unique député pour obtenir une majorité. Pourtant, cette fois-ci, le vent a tourné. Ce n’est plus un premier ministre en fin de règne qui sort usé du scrutin, attendant son inculpation imminente pour des faits de corruption, de fraude et d’abus de confiance. La justice a avancé depuis lors, et ses partisans ont proclamé, dans les urnes, leur hostilité ou leur indifférence à ces charges.

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