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Mettant sa menace à exécution, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a ordonné, dimanche 1er mars, l’intensification des frappes aériennes sur la province d’Idlib en Syrie afin de venger la mort de ses soldats.
La Turquie a perdu 54 militaires en février, dont 33 ont été tués jeudi au cours d’une frappe aérienne menée par des avions syriens et russes. En représailles, une nouvelle opération militaire, nommée « Bouclier de printemps », a été lancée. Elle vise à récupérer la dernière poche de la rébellion, enjeu d’une bataille acharnée entre les forces loyales à Bachar Al-Assad, soutenues par la Russie et les rebelles syriens épaulés par la Turquie.
Dimanche matin, l’aéroport militaire de Neyrab, non loin d’Alep, a été lourdement bombardé par des drones turcs. Au cours de cette attaque, un drone a été abattu. Peu après, la Turquie a effectué, depuis la province du Hatay, voisine d’Idlib, des tirs de missiles antiaérien, abattant deux avions de combat syriens Su-24, détruisant plusieurs systèmes de défense aérienne. En raison de ces tirs, les compagnies turques ont dû interrompre leurs vols commerciaux vers le Hatay.
Fermeture de l’espace aérien
Parallèlement, la Syrie a annoncé la fermeture de l’espace aérien aux avions et aux drones, susceptibles désormais d’être abattus sans sommations. Cette annonce est intervenue dimanche après deux jours de frappes de drones turcs sur les positions de Damas dans la province rebelle ainsi qu’une tentative turque de bombarder l’aéroport de Hama, dans la province du même nom, voisine d’Idlib.
Selon des experts militaires à Istanbul, les drones turcs pouvaient jusqu’ici voler dans le ciel d’Idlib, leur présence étant prévue par les accords de Sotchi, conclus en 2018 entre les présidents Poutine et Erdogan afin de ramener le territoire rebelle dans le giron de Damas. La fermeture de l’espace aérien risque de priver l’armée turque de sa principale force de frappe, si toutefois elle en tient compte.
L’offensive déclenchée par M. Erdogan est double, militaire à Idlib, humanitaire le long des frontières occidentales de la Turquie où des milliers de réfugiés ont convergé ces derniers jours. Ils sont mus par l’espoir d’entrer en Grèce, que ce soit par voie terrestre, via la ville d’Edirne en Thrace orientale, tout près de la Grèce et de la Bulgarie, ou maritime depuis les côtes de la Mer Egée vers les îles grecques.
Furieux du manque de soutien de l’OTAN et de l’Union européenne à sa campagne de Syrie, le président turc se venge en essayant de renvoyer vers le Vieux continent une partie des réfugiés actuellement hébergés sur le sol turc, soit plus de 4 millions de personnes dont 3,6 millions de Syriens.
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