La Turquie abat deux avions militaires syriens dans le ciel d’Idlib

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Des explosions dans la région d’Idlib, dimanche 1er mars.
Des explosions dans la région d’Idlib, dimanche 1er mars. IBRAHIM YASOUF / AFP

Les forces turques ont abattu dimanche 1er mars deux avions militaires syriens dans le nord-ouest de la Syrie, au troisième jour d’une escalade militaire dans la région d’Idlib entre la Turquie d’Erdogan et le régime de Bachar Al-Assad, soutenu par la Russie.

Les quatre pilotes syriens ont pu s’éjecter et atterrir en parachute « sains et saufs », a indiqué dimanche midi l’agence de presse officielle syrienne SANA. Le ministère de la défense turc a confirmé que ses forces avaient abattu deux Soukhoï syriens. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les deux Soukhoi Su-24 ont été abattus par un F16 de l’armée turque dans les zones tenues par le régime dans la province d’Idlib.

Quelques heures plus tôt, les médias pro-Damas ont affirmé que les troupes fidèles à Bachar Al-Assad avaient abattu un drone, alors que le régime indiquait fermer son espace aérien et se préparer à tirer sur tout appareil « ennemi » qui pénétrerait sur son territoire.

Depuis vendredi, 74 soldats syriens ont été tués dans des bombardements par la Turquie, dont au moins 26 dans des raids de représailles menés par des drones turcs, d’après l’OSDH, qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie.

Lire notre analyse : La stratégie du président turc Erdogan en échec en Syrie

Opération « Bouclier de printemps »

Jeudi, 33 militaires turcs ont été tués dans des frappes aériennes attribuées au régime syrien, les plus lourdes pertes en une seule attaque subies par Ankara depuis le début de son intervention en Syrie, en 2016.

Dimanche, la Turquie a affirmé que les attaques menées depuis vendredi contre le régime de Damas prenaient le nom de « l’opération Bouclier de printemps ». Le but de celle-ci, a-t-elle indiqué, est de « mettre fin aux massacres du régime et empêcher une vague migratoire ».

L’annonce de cette opération par les autorités turques s’est accompagnée de messages visant à déminer le terrain avec la Russie, allié indispensable de Damas dans la reconquête dans la province d’Idlib − mais également fournisseur d’équipement antiaérien à Ankara. Dimanche matin, le ministre de la défense a indiqué que son pays n’avait « ni l’intention ni l’envie d’entrer dans une confrontation avec la Russie », tout en soulignant que la Turquie attendait de Moscou qu’il fasse pression sur Damas pour qu’il « stoppe ses attaques ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La plus grande histoire d’horreur humanitaire du XXIe siècle » a actuellement lieu à Idlib, en Syrie

Samedi, le président turc avait durci le ton envers son homologue russe, Vladimir Poutine, avec lequel il s’est pourtant efforcé de cultiver une étroite relation personnelle depuis 2016. Dans un entretien téléphonique vendredi, « j’ai dit à M. Poutine : Ôtez-vous de notre chemin. Laissez-nous seuls à seuls avec le régime », a affirmé M. Erdogan.

Le régime de Damas, appuyé par la Russie, mène depuis décembre une offensive pour reprendre la province d’Idlib, ultime bastion rebelle et djihadiste en Syrie. Les combats y ont provoqué une nouvelle catastrophe humanitaire, s’ajoutant à la longue liste de drames dans ce conflit qui a fait plus de 380 000 morts depuis 2011. Selon l’ONU, l’offensive du régime à Idlib a fait près d’un million de déplacés.

A la suite de l’attaque de jeudi, la Turquie a ouvert ses frontières avec l’Union européenne, laissant ainsi 13 000 migrants, selon une agence de l’ONU, se masser à la frontière avec la Grèce. Dimanche, l’agence européenne de contrôle des frontières, Frontex, a annoncé, avoir relevé son niveau d’alerte « pour toutes les frontières avec la Turquie à élevé ».

Lire aussi Plus de 13 000 migrants passés par la Turquie repoussés, parfois violemment, par la Grèce à sa frontière

Le Monde avec AFP



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