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Ils étaient à peine plusieurs centaines, la veille. Samedi 29 février, ce sont quelque 13 000 migrants qui ont afflué au long de la frontière gréco-turque après des menaces lancées par le président turc Recep Tayyip Erdogan de laisser sortir les réfugiés voulant se rendre en Europe, a annoncé l’Organisation internationale des migrations (OIM).
« Au moins 13 000 personnes sont présentes le long des 212 km de la frontière [aux points d’entrée officiels de la frontière à Pazarkule et Ipsala] », précise l’agence des Nations unies (ONU).
Le feu vert à l’ouverture des frontières migratoires avec l’Europe avait été donné de façon informelle, vendredi, après la tenue d’un conseil de sécurité extraordinaire sous la houlette de Recep Tayyip Erdogan. Furieuse de la mort de trente-trois de ses soldats jeudi dans la province d’Idlib, en Syrie, et réclamant un soutien actif de l’Union européenne (UE) dans son bras-de-fer avec la Russie, la Turquie « n’a pas d’autre choix que de desserrer sa politique d’endiguement des réfugiés », avait fait savoir, vendredi, Fahrettin Altun, le directeur de la communication du palais présidentiel.
« Nous n’allons pas fermer les portes », assure Erdogan
Les équipes de l’OIM suivent le mouvement de population depuis Istanbul et fournissent de l’aide aux plus vulnérables d’entre eux. « Le nombre de migrants venant d’Edirne [nord-ouest de la Turquie] pour traverser la frontière grossit au cours de la journée à mesure que les voitures, taxis et les bus arrivent à Istanbul », a expliqué le chef de la mission turque de l’OIM Lado Gvilava. « La plupart sont des hommes, mais on voit également des familles avec de jeunes enfants », a-t-il ajouté.
Lado Gvilava a indiqué que l’OIM distribuait de la nourriture, ainsi que des produits de ravitaillement basiques, mais avec les températures parfois glaciales, il s’est dit « préoccupé par ces gens fragiles et exposés (…) »
Des bus bondés de migrants espérant pouvoir entrer en Europe continuaient d’affluer dans la soirée à Istanbul. Et le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi : « Qu’avons-nous fait hier ? Nous avons ouvert les portes. Nous n’allons pas fermer les portes. »
A la frontière entre la Turquie et la Grèce, la situation était tendue samedi, avec des échauffourées entre policiers grecs tirant des grenades lacrymogènes et migrants jetant des pierres.
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