Harcèlement Scolaire : le père de Polina écrit à Brigitte Macron

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Polina rentrait de l’école le corps couvert de coups… Le harcèlement en milieu scolaire, certains adolescents en parlent, d’autres non. Difficile pour les proches de discerner ce mal-être insidieux.

Les chiffres du harcèlement scolaire font froid dans le dos. Selon le rapport annuel de l’UNESCO de 2017, 246 millions d’enfants et d’adolescents seraient victimes chaque année dans le monde à une forme ou une autre de violence et de harcèlement en milieu scolaire.

Les causes du harcèlement sont réparties à parts égales entre, l’apparence physique, l’identité du genre et les orientations sexuelles, l’origine ethnique ou nationale, enfin les autres causes aussi diverses que variées.

La France n’échappe à cette forme de violence sournoise, physique ou morale. 700 000 élèves sont victimes de harcèlement chaque année. Soit entre 5 et 6 % de l’effectif scolaire français. Depuis 2015, une journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire a été créée. Un numéro d’écoute spécialisé, le 3020, a même été mis en place.

Ce qui n’empêche pas certains élèves poussés dans leurs derniers retranchements physiques et psychologiques de tenter ou pire encore de réussir à mettre fin à leurs jours.

Proche de nous, c’est hélas le cas de la jeune Polina Cottin. Le 5 mars 2018, la jeune fille, alors âgée de 17 ans et demi, se pendait dans le lycée professionnel horticole Le Petit Chadignac de Saintes, ou elle rêvait d’embrasser le métier de paysagiste.

« La quatrième fois, j’ai pu décrocher. Elle pleurait et m’a dit : je vais encore me faire battre, pourquoi je n’ai pas d’amis ? » explique son père.

Quelques heures plus tard, l’adolescente se donnait la mort.

Depuis, les parents cherchent à comprendre pourquoi leur fille, qui était « heureuse de vivre et toujours à fond », s’est suicidé.

Ils se sont mis à enquêter eux même et, en questionnant ses camarades de classe et en fouillant les réseaux sociaux, ils sont convaincus que leur fille était harcelée.

« Elle ne voulait plus se mettre en short, elle avait des bleus sur les jambes. Elle m’avait aussi demandé de l’inscrire à un sport de combat » se souvient Laurent, son père. « À l’époque, je n’ai pas compris. »

Depuis les parents de Polina ont porté plainte. Selon eux, le lycée du Petit Chadignac, où leur fille était scolarisée en horticulture, est coupable de « négligences ».

Durant l’été, le parquet avait classé l’affaire, estimant « qu’il n’y avait pas d’éléments particuliers pour étayer cette plainte ». Les parents de la jeune fille décédée ne désarment pas. Ils ont déposé plainte avec constitution de partie civile. Ce qui entraîne l’ouverture d’une information judiciaire devant le juge d’instruction de Saintes.

Laurent Cottin est persuadé que sa fille Polina était victime de harcèlement dans son lycée, et c’est pour ça qu’elle s’est pendue. Il se souvient d’un appel de Polina ce 5 mars dans la matinée. la jeune fille était en larmes, demandant pourquoi elle n’avait pas d’amis. Quelque heures plus tard, elle se donnait la mort.

Depuis le 5 mars 2018, date de la mort de la jeune fille de 17 ans, son père et sa mère tentent de mobiliser sur le harcèlement scolaire. Tous les premiers jeudis du mois, Laurent s’installe sur le bord de la route, à l’entrée de La Rochelle, avec une pancarte dénonçant le harcèlement. Il a créé une page Facebook  sur laquelle d’autres parents lui apportent du soutien ou racontent leur expérience du harcèlement qui touche leurs enfants.

Une lettre à Brigitte Macron, l’épouse du Président de la République

Et comme il a l’impression que rien ne bouge pour mettre fin à ce fléau, il a écrit à Brigitte Macron. Il s’adresse à la femme du président de la République, mais aussi à l’ancienne professeure, à la mère et à la grand-mère. Une lettre dans laquelle il dénonce l’impunité dont bénéficient parfois les harceleurs :

Quand une victime ose briser le tabou du silence, de la honte, ses parents se voient
proposer de faire un changement d’école et les harceleurs sont libres de choisir une autre
proie. Laurent Cottin.

Brigitte Macron s’est engagée contre le harcèlement scolaire. Avec le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, elle s’est rendue dans des établissement scolaires. Le jour de la mort de Polina, elle était précisément dans un lycée de Dijon pour s’adresser aux élèves. 
Alors Laurent Cottin lui demande d’en faire plus 

Nous vous demandons d’intervenir pour que plus jamais nous n’apprenions le décès d’un
enfant harcelé.
Votre mari et ses ministres de la Justice et de l’Éducation Nationale se doivent de donner
des réponses aux familles endeuillées, trouver des solutions pour éradiquer
définitivement le harcèlement scolaire. Ils doivent trouver la solution qui permette à nos
enfants d’aller en cours pour s’instruire et non souffrir. Laurent Cottin.

Laurent Cottin mène ce combat au nom de sa fille pour les victimes de harcèlement :

 Ce n’est plus pour ma fille que je me bats, pour elle c’est trop tard, je le fais pour les autres enfants. Laurent Cottin.

À qui s’adresser en cas de harcèlement scolaire ?

-Il existe un numéro vert le 3620. Il est accessible du lundi au vendredi de 9 heures à 18 heures, sauf les jours fériés. L’appel et le service sont gratuits.

-Le site du ministère de l’Éducation Nationale www.nonauharcelement.education.gouv.fr

-Sur Facebook Non au Harcèlement à l’école

-Si le harcèlement a lieu sur internet, il existe le service “Net écoute” au 0800 200 200 c’est un numéro vert, gratuit, anonyme et confidentiel. Il est accessible du lundi au vendredi de 9h à 19h. 

Avec Source FR3



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