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Le haut représentant de la Commission européenne pour les affaires extérieures et la politique de sécurité, l’Espagnol Josep Borrell, était à Addis-Abeba, capitale éthiopienne et siège de l’Union africaine (UA), dans le cadre d’une réunion des commissaires européens et de leurs homologues africains, jeudi 27 février. Un rendez-vous élaboré comme une première phase de la « nouvelle stratégie pour l’Afrique » menée par l’Europe. Explications.
D’où vient cette volonté de créer une nouvelle stratégie européenne pour l’Afrique ?
Josep Borrell La priorité était claire dès que cette nouvelle Commission a été formée, à l’automne 2019. Le Conseil européen avait indiqué qu’une attention spéciale devrait être accordée à l’Afrique. Que ce devrait même être une priorité.
Quelle était la motivation du Conseil européen ?
Il y a clairement un sentiment du côté des gouvernements européens que l’Afrique est à la fois une source de défis et d’opportunités. Le premier déplacement de la présidente de la Commision a d’ailleurs été l’Union africaine. Quand on m’a annoncé cette priorité, j’en ai été ravi. Je suis convaincu que l’Europe doit se projeter en direction du continent et y construire un partenariat. Notre avenir est beaucoup plus conditionné par ce qui se passe sur là que par ce qui va se passer – je cite là une région qui me tient à cœur – en Amérique latine, par exemple. Le destin de l’Europe est beaucoup plus lié à la dynamique démographique, économique et politique de l’Afrique. Mais les opinions publiques, malheureusement, ne la voient qu’à travers le prisme des migrations.
On a souvent l’impression que la politique de l’Europe vis-à-vis du continent est dominée par cette question. Et les gouvernements africains sont de plus en plus agacés par cette approche…
C’est une impression trompeuse. Tous les chiffres montrent que l’Europe est présente en Afrique dans beaucoup plus de domaines que celui-ci. Cette déformation nous préoccupe. Vous avez vu la tour magnifique, cadeau de la Chine, qui est ici, à Addis-Abeba ? Les Ethiopiens voient ça tous les jours, et se disent que la Chine est très présente. Or l’opération de maintien de la paix que nous finançons en Somalie, l’Amisom, coûte pour trente-six mois l’équivalent de cette construction. Tous les ans et demi, les Européens pourraient donc faire cadeau à l’Ethiopie de ce bâtiment que les Chinois, eux, ont livré une fois pour toutes.
L’Amisom est supposée prendre fin bientôt. Est-ce prématuré ?
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