Antonio Guterres accusé d’oublier les droits de l’homme aux Nations unies

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Un camp de réfugiés syriens près de la ville de Maarrat Misrin, dans la province d’Idlib, le 22 février.
Un camp de réfugiés syriens près de la ville de Maarrat Misrin, dans la province d’Idlib, le 22 février. AREF TAMMAWI / AFP

Son discours devait être « majeur ». Un « appel à l’action » et à réveiller les consciences du monde face aux assauts répétés contre les droits humains. La salle XX du Palais des nations était comble, selon divers observateurs, pour entendre le secrétaire général, Antonio Guterres, ouvrir les travaux de la 43e session du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU), lundi 24 février, à Genève.

Il a pourtant fallu lire ce discours entre les lignes pour y deviner des critiques. Des civils sont « pris au piège dans des enclaves déchirées par la guerre, affamés et bombardés, en violation manifeste du droit international », s’alarme M. Guterres dans une référence à la catastrophe humanitaire en cours à Idlib. Un peu plus tard, il dénonce le sort des journalistes « tués ou harcelés parce qu’ils ne cherchaient qu’à faire leur travail », en écho au meurtre du dissident et journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi, orchestré par l’Arabie saoudite.

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Dans l’assemblée de diplomates venue l’écouter, le discours est mal accueilli. « Guterres n’a nommé ni accusé personne », regrette une source diplomatique française. A la place, le secrétaire général s’est engagé à avancer sur sept points, les moins clivants politiquement : la question des droits de l’homme liée au changement climatique, la lutte contre les inégalités, les droits humains à l’ère du numérique ou encore l’égalité des genres.

« Mauvais procès »

« On ne veut pas le blâmer, mais cela fait trois ans que c’est ainsi », s’agace cette source française, alors que Paris est venu annoncer sa candidature pour rejoindre le Conseil des droits de l’homme pour la période 2021-2023. Nommé à la tête de l’ONU, le 6 octobre 2016, l’ex-premier ministre portugais, qui a passé dix ans à la tête du Haut-Commissariat aux réfugiés, est accusé de ne pas avoir assez endossé le rôle de premier défenseur des droits humains, l’un des trois piliers des Nations unies.

« Mauvais procès », disent ses soutiens, qui rappellent « le timing dramatique de sa nomination » avec l’arrivée surprise, au même moment, à Washington, d’un président Donald Trump hostile à l’ONU et au multilatéralisme et décidé à réduire drastiquement sa participation financière aux budgets d’une organisation déjà dans le rouge. « Il a eu les mains liées dès le départ », explique un ex-diplomate à New York. « Son obsession a été de garder un canal de dialogue avec Washington et le Congrès pour maintenir l’organisation à flot. »

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