le Parlement chinois reporte « sine die » sa session annuelle

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Lors de la session de clôture de la précédente session du Parlement chinois, le 15 mars 2019 à Pékin.
Lors de la session de clôture de la précédente session du Parlement chinois, le 15 mars 2019 à Pékin. WANG ZHAO / AFP

Deux symboles pourraient marquer la fin de la crise du coronavirus en Chine : une visite du président Xi Jinping sans masque à Wuhan et la tenue de la session du Parlement chinois à Pékin.

Signe que cette crise est loin d’être terminée, même si les statistiques officielles se veulent rassurantes, les présentateurs du journal télévisé ont annoncé la nouvelle en une seule phrase, lundi 24 février : le Parlement chinois ne se réunira pas à la date prévue, le 5 mars. Une première depuis la Révolution culturelle. Quant à la ville de Wuhan, épicentre de la crise, ce n’est pas la venue du président Xi qui y a été annoncée, mais l’envoi de nouvelles équipes de médecins « y compris pour soigner des enfants ». On pensait pourtant ceux-ci plutôt épargnés par le coronavirus.

Si le report de la session du Parlement, entériné par le bureau permanent de l’Assemblée nationale populaire, ne constitue pas une surprise, le fait que celui-ci ne s’accompagne d’aucune date est de mauvais augure. Il signifie tout simplement que les dirigeants chinois n’entrevoient pas la fin de la crise. Et dans ce pays où tout est politique, notamment l’économie, il faut en déduire que, pour les entreprises, le retour à la normale n’est pas pour demain.

Symbole de stabilité

Les « deux sessions », rassemblant les 2 980 députés de l’Assemblée populaire nationale et les 2 158 représentants de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CPPCC) – cette dernière associe symboliquement au pouvoir des éléments de la société tels qu’hommes d’affaires, artistes, etc. –, se sont tenues chaque année depuis leur rétablissement en 1978 après la fin de l’ère maoïste. Ce grand show politique se tient dans l’immense Palais du peuple place Tiananmen et est l’occasion pour le Parti communiste de mettre en avant ce qu’il qualifie de « démocratie aux caractéristiques chinoises ». Il avait été organisé en mars depuis 1985, une régularité présentée comme un symbole de la stabilité politique garantie par le régime.

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En tenant compte des délégations, ce sont environ 8 000 personnes qui se rendent à Pékin à cette occasion. Parmi eux, des dizaines de représentants des minorités ethniques dont les costumes colorés sont supposés refléter la diversité de la société chinoise. De fait, voir ces représentants du peuple masqués serait du plus mauvais effet sur le plan symbolique.

Les deux sessions sont également l’occasion pour le premier ministre, Li Keqiang, de prononcer son grand discours annuel, comportant notamment les prévisions de croissance pour l’année en cours. La façon dont il parle de Xi Jinping et le nombre de fois dont il mentionne le nom du secrétaire général du Parti communiste donnent lieu à d’innombrables exégèses. Li Keqiang va donc devoir attendre.

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