à Austin, les soutiens de Bernie Sanders électrisés par sa victoire dans le Nevada

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Venus par milliers, les partisans de Bernie Sanders veulent croire à la nomination de leur candidat à Austin (Texas), le 23 février.
Venus par milliers, les partisans de Bernie Sanders veulent croire à la nomination de leur candidat à Austin (Texas), le 23 février. MIKE SEGAR / REUTERS

Bernie Sanders s’est éclipsé sans serrer de mains. Ses partisans en ont été réduits à faire des selfies devant son pupitre vide, mais Ethan Pena, étudiant texan de 23 ans, a résumé l’enthousiasme général en lançant à ses compagnons : « Eh, les gars, on vient juste de voir le futur président des Etats-Unis ! »

M. Sanders n’avait pas attendu les résultats du caucus du Nevada, qu’il a emporté haut la main samedi 22 février, pour s’envoler vers le Texas, où il a enchaîné quatre meetings, dont le dernier se tenait dimanche soir sur les pelouses d’un parc d’Austin, la capitale de l’Etat.

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L’éternel opposant, le sénateur « socialiste » du Vermont, est désormais là pour gagner. Il l’a montré dès le début du meeting en introduisant son épouse : « Laissez-moi vous présenter la future première dame des Etats-Unis. » Il a conclu son discours 40 minutes plus tard par un appel : « Nous allons emporter cette primaire, battre Trump et transformer ce pays. »

Bernie Sanders et sa femme Jane saluent les partisans du sénateur venus l’écouter à un meeting de campagne, à Austin, au Texas, le 23 février.
Bernie Sanders et sa femme Jane saluent les partisans du sénateur venus l’écouter à un meeting de campagne, à Austin, au Texas, le 23 février. MIKE SEGAR / REUTERS

M. Sanders, 78 ans, fait désormais figure de favori, et a trouvé lui-même la chose « un peu renversante » : le site Fivethirtyeight, qui compile sondages et élections, lui donnait, dimanche soir, 45 % de probabilité de remporter la majorité absolue des délégués à la primaire démocrate – contre 9 % à l’ancien vice-président Joe Biden et 5 % au milliardaire Michael Bloomberg, tandis que la probabilité d’avoir une convention sans majorité en juillet à Milwaukee (Wisconsin) est estimée à 41 %.

« Les Américains sont fatigués du statu quo »

Prochaine étape décisive, le Super Tuesday, mardi 3 mars, lorsque voteront quatorze Etats dont la Californie et le Texas. « S’il y a une haute participation, nous allons remporter le Texas », a proclamé Bernie Sanders.

En arrivant au meeting, on a constaté que ses partisans n’étaient pas que des jeunes, étudiants, blancs et hipsters. Une Texane de 58 ans se présentant comme une « cowgirl hippie », deux Camerounais récemment naturalisés, un militaire redevenu étudiant avec sa famille, des Latinos, des couples mixtes avec enfants : la base de Sanders s’est élargie. « Bernie va chercher les gens qui ne votent pas ou ne votaient plus », estime Adam Hughes, 31 ans, collaborateur d’une candidate texane au congrès.

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Les militants croient à la victoire, même si les responsables du parti vont tenter coûte que coûte de faire barrage à Sanders. « Ils vont vouloir tricher, ils trichent sans doute déjà, mais il y a une telle dynamique derrière Bernie qu’ils ne pourront pas l’empêcher », estime Joanna Howell, venue avec ses enfants, qui estime qu’après Donald Trump, le Parti démocrate n’a toujours pas compris la nouvelle donne : « Les Américains sont fatigués du statu quo. »

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