La politique agricole commune, nerf de la guerre pour la France

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Le président français, Emmanuel Macron, s’exprime devant la presse à l’issue du sommet européen de Bruxelles, le 21 février.
Le président français, Emmanuel Macron, s’exprime devant la presse à l’issue du sommet européen de Bruxelles, le 21 février. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

Sans transition, à l’issue du sommet européen consacré au budget des vingt-sept Etats membres, Emmanuel Macron devait se rendre, samedi 22 février, au Salon de l’agriculture de Paris. A l’évidence, le président français ne pouvait s’y présenter les mains vides, et encore moins pour dire à ses interlocuteurs qu’il aurait dû accepter une éventuelle diminution de la politique agricole commune (PAC). « Un pilier historique » de la construction européenne, comme il a tenu à le rappeler à Bruxelles. Un mastodonte qui a représenté, entre 2014 et 2020, plus de 410 milliards d’euros des dépenses de l’Union, alors encore à Vingt-Huit.

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Dans sa proposition pour le budget 2021-2027, le président du Conseil Charles Michel suggérait une enveloppe (à Vingt-Sept) de 329,3 milliards. Même en faisant la différence entre euros courants (ceux d’aujourd’hui) et ceux d’hier (constants), cela équivalait à une baisse assez brutale (14 %), compensée en partie par des fonds pour le développement rural. Une coupe difficile à accepter.

Les fonds pour l’agriculture ne doivent pas pâtir du Brexit et de ses conséquences sur le budget de l’Union, a insisté Emmanuel Macron à l’issue du sommet de Bruxelles, assurant : « Nous n’avons pas sacrifié la PAC et je l’ai dit très clairement : ce n’est pas elle qui peut payer pour le Brexit. » Le compte Twitter de la présidence diffusait peu après une courte vidéo, dans laquelle le chef de l’Etat faisait passer ce message : « Nous avons obtenu des améliorations (…), mais elles sont à nos yeux encore insuffisantes. »

Modernisation du continent

Problème, ou couac de communication : le matin même, son ministre de l’agriculture Didier Guillaume avait semé le trouble, en affirmant sur LCI que la France avait « obtenu » à Bruxelles un maintien du budget actuel de la PAC pour la période 2021-2027, alors même que rien n’était acté à ce moment-là. « Nous avons gagné la première bataille. La Commission avait fait une proposition pas tolérable » de « 370 milliards d’euros », déclarait le ministre, avant de rectifier son propos.

Si la dernière proposition du Conseil et de la Commission, déposée sur la table, vendredi en fin de journée, avait été retenue, la PAC aurait gagné 4,4 milliards d’euros (2 milliards pour les paiements directs, 2,4 milliards pour le développement rural). Mais ce projet a été aussitôt enterré, notamment parce que les Pays-Bas et les pays nordiques militent de longue date pour la limitation des fonds en faveur de l’agriculture, au profit de tout ce qui doit, à leurs yeux, contribuer à la modernisation du continent (recherche, politique spatiale, technologies innovantes, etc.)

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