La mobilisation pour le droit à l’IVG relancée en Argentine

0
138

[ad_1]

Manifestation en faveur du droit à l’IVG, le 19 février 2020 à Buenos Aires.
Manifestation en faveur du droit à l’IVG, le 19 février 2020 à Buenos Aires. RONALDO SCHEMIDT / AFP

La place du Congrès, à Buenos Aires, s’est à nouveau teintée de vert, la couleur symbole du droit à l’avortement, mercredi 19 février. Deux ans jour pour jour après la manifestation qui avait marqué le début d’une immense mobilisation pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en Argentine, des dizaines de milliers de militantes sont revenues devant le Parlement exiger « Que sea ley » (que cela devienne une loi).

« Les avortements clandestins représentent l’une des principales causes de mortalité maternelle en Argentine, dénonce Julieta de Brito, médecin généraliste de 37 ans venue manifester avec son bébé d’un an et demi. Les considérations morales n’ont pas leur place dans ce débat au sujet d’une question de santé publique. » Selon le ministère de la santé, près de 355 000 femmes avortent clandestinement chaque année en Argentine, et une cinquantaine en décèdent.

Lire aussi En Argentine, le combat pour l’IVG continue

« Je ne veux plus qu’aucune femme ne meure à cause d’un avortement », déclarait au Monde le président Alberto Fernandez le 8 février. Elu fin octobre 2019, il est le premier chef d’Etat argentin à se prononcer en faveur de la légalisation de l’IVG. Un projet de loi préparé par son gouvernement sera présenté dans les prochaines semaines au Congrès – l’ouverture des sessions parlementaires est prévue le 1er mars. Son prédécesseur, le libéral Mauricio Macri, était personnellement contre, mais il avait déclaré qu’il respecterait le choix du Congrès en 2018.

Panorama plus favorable

Cette année-là, après des mois de débats, la Chambre des députés avait approuvé en juin une proposition de loi légalisant l’IVG, mais le texte avait ensuite été rejeté – à sept voix près – par les sénateurs. « Cela a été un moment très triste, témoigne Sofia Mora, 19 ans, qui avait passé la nuit du 8 au 9 août 2018 devant le Congrès, à attendre le résultat du vote au Sénat. Mais, même si les sénateurs ont voté contre, on a senti que la rue disait autre chose. Nous revoilà aujourd’hui, et cette fois, je sens que la loi va passer ! »

La moitié des sièges de députés et un tiers de ceux de sénateurs ont été renouvelés lors des élections générales d’octobre 2019. Au sein de la Chambre des députés, les partisans du droit à l’IVG continuent d’être majoritaires. Chez les sénateurs, bien que leur nombre ait légèrement progressé, ils restent toujours, pour l’heure, minoritaires.

« Ce qui peut influencer le vote au Sénat, c’est la relation que M. Fernandez entretient avec les gouverneurs des provinces argentines, analyse Alba Ruibal, chercheuse en sciences politiques au Centre national de recherches scientifiques et techniques (Conicet). Le président va avoir un travail politique intense à mener, mais il n’aurait pas lancé ce projet s’il n’était pas sûr qu’il puisse être approuvé. » En cas d’égalité des voix, la vice-présidente, Cristina Fernandez de Kirchner (ancienne chef d’Etat de 2007 à 2015), qui exerce également la présidence du Sénat, trancherait en faveur de la légalisation.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: