dans l’attente du feu vert de l’autorité européenne de la concurrence

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La commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, à Bruxelles, le 30 janvier.
La commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, à Bruxelles, le 30 janvier. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

La commissaire européenne à la concurrence veille. La fusion Alstom-Bombardier sera soumise au même traitement – sans concession – que le mariage Alstom-Siemens : le projet passera au crible des services de Margrethe Vestager, qui avait rejeté la création d’un géant de la construction ferroviaire en février 2019. Il tuait, selon elle, toute concurrence dans les segments de la signalisation et des trains à très grande vitesse. La menace du géant chinois China Railroad Rolling Stock Corporation (CRRC), deux fois plus gros que le futur groupe franco-allemand, n’y avait rien fait.

La donne a-t-elle changé ? Henri Poupart-Lafarge, PDG d’Alstom, s’est dit « confiant ». Les deux groupes ont déjà étudié les actifs qu’ils sont prêts à céder pour rentrer dans les clous bruxellois. La réforme des règles de la concurrence a certes été décrétée « prioritaire » par la nouvelle Commission, mais la doctrine de Mme Vestager n’a pas changé. « Nous devons défendre nos entreprises lorsqu’elles font face à des pratiques inéquitables, déclarait-elle après sa reconduction. Mais nous n’avons pas de programme pour créer des champions européens et nous ne devrions pas [en] avoir. » Lorsqu’il en existe, « c’est parce qu’ils ont été stimulés par la concurrence, et non parce qu’ils ont été biberonnés et chouchoutés ». Si c’était à refaire, tranchait-elle, elle ferait encore dérailler le train Alstom-Siemens.

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La France, par la voix de son ministre de l’économie et des finances, avait qualifié ce rejet de « faute politique ». Bruno Le Maire doit s’entretenir, mardi 18 février, avec Mme Vestager. Au début du mois, il était remonté au front, dans une lettre cosignée avec ses collègues allemand, italien et polonais, en lui réclamant une profonde révision du règlement de 1998. Certains membres de l’Union européenne sont prêts à des entorses au principe – intangible pour Mme Vestager – de la primauté des consommateurs si c’est pour freiner l’appétit des mastodontes américains et chinois. Et sauvegarder ce qu’il reste de souveraineté technologique européenne dans des secteurs industriels clés.

Une fuison favorable à Alstom

Avec Alstom-Bombardier, et bientôt Chantiers de l’Atlantique-Fincantieri, le débat sur le « marché pertinent » va rebondir. Avec cette question : la concurrence doit-elle s’apprécier au niveau du Vieux Continent, ou au-delà, dans les secteurs de l’industrie et des services où la compétition est mondiale, comme dans la construction ferroviaire ? Il n’y a pas de « définition magique » d’un tel marché, selon Mme Vestager ; le consommateur doit juste avoir « une alternative qui garantisse le même niveau de qualité et de sécurité ». Et des prix compétitifs.

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