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Le 13 janvier se tenait en grande pompe à Bordeaux la cérémonie de parrainage de la nouvelle promotion de l’Institut franco-chinois créé par l’école de commerce Kedge avec l’université Renmin du Peuple de Chine, à Pékin, pour former des étudiants chinois francophones. Un profil très prisé par des groupes comme L’Oréal – parrain de la promotion de cette année –, pour qui « les “millennials” chinois apportent une vision inédite ».
Moins d’un mois plus tard, Kedge fait savoir qu’elle préfère « ne pas du tout communiquer sur les questions liées de près ou de loin au coronavirus ». Toutes les écoles et universités françaises présentes en Chine ne pratiquent pas le même « couvre-feu » médiatique. Mais toutes marchent sur des œufs. « Nous sommes très attentifs à la continuité de nos relations avec nos partenaires chinois », dit Benjamin Morisse, le directeur des programmes de l’Ecole supérieure des sciences commerciales d’Angers (Essca), installée à Shanghaï depuis 2007. Des partenaires très sourcilleux sur l’attitude des Occidentaux quant à cette crise. D’autant plus en ce qui concerne l’enseignement supérieur, l’un des fers de lance du « soft power » déployé par le président Xi Jinping.
Stratégie « pas remise en cause »
Le campus local de l’Essca a été fermé jusqu’à début mars sur décision de la municipalité de Shanghaï. Parmi ses 250 élèves, « seule une moitié a exprimé le souhait de rentrer en Europe pour éviter le confinement qui leur est imposé sur place ». Les autres ont préféré rester « parfois contre l’avis de leur famille », révèle M. Morisse. La centaine déjà rentrée en France, en Belgique, aux Pays-Bas est sous observation, mais pas en quarantaine proprement dite. « Shanghaï est loin de l’épicentre de Wuhan », tient à rassurer le directeur des programmes. Ce qui n’empêche pas les rapatriés de « respecter, par principe de précaution, une période de retrait de quatorze jours avant de pouvoir se rendre sur l’un des campus de l’école, en France ou en Europe ». Quant aux 120 étudiants chinois qui ont commencé leur semestre le 6 janvier en France, « aucun n’est parti pour le Nouvel An lunaire, ils sont tous restés ici ».
A Nantes, Audencia dit être « en contact permanent » avec ses expatriés, « sachant qu’il n’y en a pas dans la région de Wuhan ». Les étudiants, membres du personnel et professeurs qui ont séjourné ou ont été en contact avec des personnes ayant voyagé dans la province du Hubei « font l’objet d’une dispense scolaire pour une durée de quatorze jours ».
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