Macao distribue des bons d’achats pour relancer la consommation

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Des touristes portant des masques prennent des photos devant le casino Lisboa, à Macao, le 23 janvier.
Des touristes portant des masques prennent des photos devant le casino Lisboa, à Macao, le 23 janvier. Choi Chi Chio / AP

Macao remplace les jetons de casino par des bons d’achats. Les autorités de cette région semi-autonome chinoise ont dévoilé, jeudi 13 février, une série de mesures pour relancer son économie paralysée par l’épidémie due au coronavirus. La capitale mondiale du jeu est désertée par les visiteurs depuis la fermeture de ses casinos début février.

Selon la presse locale, des bons d’achats de 350 euros, à utiliser dans les supermarchés, restaurants et magasins, seront distribués aux résidents lorsqu’ils pourront sortir de chez eux, à la fin de l’épidémie. Leurs factures d’eau et d’électricité seront également prises en charge par les autorités pour une durée de trois mois. Lors de la conférence de presse organisée au ministère de la santé, le secrétaire à l’économie et aux finances, Lei Wai Nong, s’est inquiété de l’impact « immense » de l’épidémie sur l’économie locale et a annoncé une série de réductions d’impôts et des prêts à taux zéro pour les petites entreprises.

Chute du nombre de visiteurs

Le territoire de 690 000 habitants a une confortable marge de manœuvre budgétaire pour faire face à la crise : il n’a aucune dette publique et engrange les recettes fiscales. Il dispose de l’un des budgets les plus équilibrés de la planète, à tel point que le Fonds monétaire international (FMI), en mai 2019, s’est permis de lui recommander d’augmenter ses dépenses publiques pour investir dans la diversification de son économie. Un conseil qui s’est avéré judicieux, quelques mois plus tard. L’économie de Macao, qui tire 80 % de ses revenus de l’industrie du jeu, est quasiment à l’arrêt.

L’américain Wynn Resorts, propriétaire de quelques établissements sur place, a annoncé qu’il perdait 2,5 millions de dollars (2,3 millions d’euros) par jour de fermeture. L’épidémie tombe au pire moment pour cette ancienne enclave portugaise : c’est pendant les congés du Nouvel An lunaire, fin janvier, que les visiteurs – surtout chinois – sont les plus nombreux. Or leur nombre a chuté de 80 % à cette période, selon l’agence de notation Fitch Ratings qui estime à 3,3 milliards de dollars les pertes de revenus enregistrées par les casinos à cause de la crise du coronavirus.

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Le virus n’a toutefois contaminé que dix personnes sur ce territoire trois fois plus petit que Paris, contre 63 851 en Chine continentale selon les chiffres de Pékin. La responsable de la police locale a demandé aux habitants de rester chez eux, tout en annonçant que les postes frontières avec la Chine resteraient ouverts. Rétrocédée à la Chine en 1999, l’ancienne colonie portugaise est le seul endroit où les casinos sont autorisés. Depuis que Pékin a distribué les licences de casinos, en 2001, et permis aux Chinois de se rendre individuellement à Macao trois ans plus tard, l’économie de la région s’est transformée. Au cours des vingt dernières années, sa richesse a été multipliée par six.

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