Pour Emmanuel Macron, la Russie va « continuer à essayer de déstabiliser » les démocraties occidentales

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Emmanuel Macron lors de la 56e conférence de Munich sur la sécurité, samedi 15 février.
Emmanuel Macron lors de la 56e conférence de Munich sur la sécurité, samedi 15 février. CHRISTOF STACHE / AFP

Pour Emmanuel Macron, la Russie va « continuer à essayer de déstabiliser » les démocraties occidentales en s’ingérant dans leurs élections et en manipulant les réseaux sociaux. « Je pense que la Russie continuera à essayer de déstabiliser, soit [via] des acteurs privés, soit directement des services, soit des “proxies” [intermédiaires] », a dit le président de la République lors de la conférence de Munich sur la sécurité, samedi 15 février.

La Russie « continuera d’être un acteur extrêmement agressif sur ce sujet dans les prochains mois et les prochaines années et dans toutes les élections ; elle cherchera à avoir des stratégies de la sorte ou elle aura des acteurs » agissant pour son compte, a-t-il ajouté.

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« Face à ces attaques, nous avons très peu d’anticorps », a-t-il concédé, estimant qu’il fallait « renforcer les défenses technologiques, les coopérations entre services » occidentaux afin d’identifier et « d’attribuer » ces attaques qui restent souvent anonymes. « Des acteurs privés utilisent des technologies de “deep fake”, manipulent, pénètrent, diffusent de l’information à très grande vitesse de toutes natures, sans traçabilité, dans des systèmes démocratiques hypermédiatisés où tout se sait tout de suite, avec un effet d’émotion et d’intimidation », a-t-il déploré.

« Je ne suis pas prorusse, je ne suis pas antirusse »

Sur ce sujet comme sur les autres, l’Europe doit dialoguer avec la Russie, aboutir à des « stratégies de désescalade » et à une « transparence commune », a plaidé Emmanuel Macron, dont la politique de rapprochement avec Moscou suscite de nombreuses inquiétudes en Europe, notamment à l’Est. « Je ne suis pas prorusse, je ne suis pas antirusse, je suis pro-européen ! », a-t-il affirmé.

Emmanuel Macron a noté au passage que ces manipulations n’étaient pas le seul apanage de la Russie. « Des acteurs conservateurs de l’ultradroite américaine ont été intrusifs dans des élections européennes », a-t-il dénoncé, en référence à des soutiens du président Donald Trump.

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Concernant l’offre de dialogue avec Moscou, « ce que j’ai proposé, ce n’est pas de dire “soudainement les choses vont changer, vous allez voir, embrassons-nous”, a-t-il plaidé. On est exigeant, on ne cède rien sur nos principes mais on réengage le dialogue qui va prendre du temps, on réengage un dialogue stratégique parce qu’aujourd’hui, la situation dans laquelle on est est la pire ».

Concernant le conflit ukrainien, les sanctions européennes contre la Russie, soupçonnée de soutenir les séparatistes dans l’est du pays, « n’ont absolument rien changé », a-t-il regretté, tout en précisant qu’il « ne proposait pas pour autant de les lever ». « Nos sanctions et les contre-sanctions [russes] nous coûtent au moins aussi cher à nous Européens qu’aux Russes, pour un résultat qui n’est pas très positif », a-t-il enfin estimé.

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