La Palestine, déclin et mutation d’un cri de ralliement arabe

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Analyse. Ci-gît la cause palestinienne, victime des erreurs de calcul des dirigeants de Ramallah, de la désaffection des régimes arabes et de la lassitude des capitales occidentales. C’est le discours subliminal que tient l’administration américaine depuis la présentation de son plan de règlement du conflit israélo-palestinien à la fin janvier. Les Palestiniens et leurs partisans auraient perdu une bataille historique. Le réflexe de solidarité avec ce peuple en exil et sous occupation, ciment du monde arabe depuis près de soixante-dix ans, serait devenu un fétiche anachronique.

La relative faiblesse des réactions suscitées par ce plan, pourtant aligné sur les positions de la droite israélienne, pose de fait question. La présence de trois ambassadeurs arabes à la Maison Blanche, lors du dévoilement du document, tout comme l’incapacité de l’Union européenne (UE) à adopter une résolution le critiquant ouvertement, signalent un recul des acquis palestinien sur la scène internationale.

A ceux qui préparent l’épitaphe de cette cause, ses défenseurs vantent sa capacité de rebond. Donné pour mort à plusieurs reprises – après la Nakba–l’exode de 1948-, après la défaite arabe de 1967 lors de la guerre des Six-Jours, après le départ des fedayins du Liban, en 1982, et après la guerre de libération du Koweït, en 1991, que Yasser Arafat avait choisi de ne pas soutenir – le mouvement palestinien a su rejaillir à chaque fois. Comme si la traversée du désert faisait partie de son ADN politique.

Une convergence encore embryonnaire

Cet argument, historiquement exact, néglige les mouvements tectoniques qui secouent le Proche-Orient, comme le déplacement de son centre de gravité politique vers la péninsule Arabique. Or, du fait de leur peur de l’expansionnisme iranien, l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe, les Emirats arabes unis et Bahreïn, ressentent un besoin grandissant de se rapprocher d’Israël, qui redoute, lui aussi, la montée en puissance de Téhéran.

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Cette convergence, encore embryonnaire, mais appelée à s’approfondir, se nourrit de trois autres facteurs : le souvenir dans ces pays de l’erreur historique commise par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1991, qui n’a jamais été vraiment réparée ; l’ascension d’une nouvelle génération de leaders, incarnée par Mohammed Ben Salman, le prince héritier saoudien, qui ne partagent pas les préventions de leurs aînés vis-à-vis de l’Etat hébreu ; et une forme de fascination non dite pour la modernité technologique israélienne.

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