Donald Trump accusé d’ingérence dans le traitement judiciaire d’un proche

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Roger Stone au deuxième jour de son procès, le 6 novembre 2019, à Washington.
Roger Stone au deuxième jour de son procès, le 6 novembre 2019, à Washington. CLIFF OWEN / AP

A la veille de l’acquittement de Donald Trump par la majorité républicaine du Sénat des accusations d’abus de pouvoir et d’obstruction du Congrès, le 5 février, la sénatrice du Maine Susan Collins avait justifié son vote en sa faveur en estimant que le président des Etats-Unis avait « tiré les leçons » des conséquences de son comportement. Il lui était reproché d’avoir conditionné une invitation à la Maison Blanche du président ukrainien ainsi qu’une aide militaire à Kiev à l’ouverture d’enquêtes visant ses adversaires politiques.

Ce vœu pieux a été balayé par Donald Trump une semaine plus tard, mercredi 12 février. Lorsqu’il lui a été demandé quel enseignement il avait retiré de sa mise en accusation, il a répondu que les démocrates sont « corrompus » et « vicieux », et que ses sondages « sont en hausse de dix points ».

La veille, il s’était indigné sur son compte Twitter, au beau milieu de la nuit, de la lourdeur des peines recommandées par quatre procureurs concernant l’un de ses amis, le consultant politique Roger Stone, reconnu coupable en novembre 2019 de mensonges au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection américaine de 2016. Les procureurs avaient demandé entre sept et neuf ans de prison.

Lire aussi Enquête russe : Roger Stone, fidèle de Trump, reconnu coupable de mensonge au Congrès

La colère présidentielle contre une « situation très injuste » et une « erreur judiciaire » a rapidement produit ses effets. Quelques heures plus tard, le ministère de la justice a pris la décision, très rare, de réduire de moitié l’échelle des peines, assurant avoir tranché avant la publication du message de Donald Trump. Dans la foulée, les quatre procureurs ainsi désavoués se sont spectaculairement retirés du dossier.

« Je peux faire ce que je veux avec le ministère de la justice »

Après avoir publiquement félicité son ministre de la justice William Barr pour ce revirement inhabituel qui a frappé de stupeur Washington, le président des Etats-Unis a nié toute interférence avec une décision de justice, mercredi, tout en réitérant ses reproches visant la sévérité des peines initialement envisagées.

Interrogé sur un éventuel pardon de Roger Stone, une fois la sentence prononcée, Donald Trump s’est refusé à répondre, soulignant la gravité de l’épreuve traversée par les membres de son équipe de campagne de 2016 déjà condamnés dans le cadre de l’enquête « russe », et victimes selon lui de « gens corrompus » au sein de l’Etat fédéral.

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