En difficulté en Syrie, le président turc Erdogan hausse le ton contre Moscou, alliée de Damas

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan devant le Parlement, à Ankara, le 12 février.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan devant le Parlement, à Ankara, le 12 février. BURHAN OZBILICI / AP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est dit prêt, mercredi 12 février, à frapper les forces du régime de Damas « n’importe où » si les positions de la Turquie dans la région d’Idlib sont à nouveau attaquées. Le dirigeant s’exprimait devant les députés de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) réunis à Ankara.

L’offensive des troupes de Bachar Al-Assad sur Idlib, la dernière poche de la rébellion syrienne soutenue par la Turquie, met M. Erdogan au pied du mur.

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Critiqué par l’opposition kémaliste sur l’impéritie de sa politique en Syrie, incité par son allié ultranationaliste Devlet Bahçeli à porter le fer « jusqu’à Damas » et à « renverser le tyran », Recep Tayyip Erdogan doit montrer qu’il est prêt à tenir tête au monde entier. C’est dans ce rôle que ses partisans le préfèrent.

Pour montrer sa détermination, le président turc, qui est aussi le commandant en chef de l’armée, a dépêché des renforts ces derniers jours à Idlib. Des commandos et du matériel militaire, des chars, des véhicules de transport de troupes, des obusiers et des lance-roquettes multiples ont franchi la frontière.

La Russie règne en maître dans le ciel syrien

M. Erdogan a assuré que les avions et les hélicoptères qui bombardent les civils « ne pourront plus mener leurs actions tranquillement comme avant ». Mardi, un hélicoptère de l’armée syrienne a été abattu par un tir de roquette au sud-est de la ville assiégée.

Ses moyens sont malgré tout limités. Prêt à faire « tout ce qui est nécessaire, sur terre et dans les airs, sans hésiter ni tergiverser » pour chasser le régime de Damas, il est paralysé par le fait que l’espace aérien lui échappe. La Russie y règne en maître, entre autres grâce à ses systèmes de défense anti-aérienne S-400, ceux-là même qui ont tant impressionné M. Erdogan qu’il en a fait l’acquisition malgré leur incompatibilité avec le matériel de l’OTAN, dont son pays est le pilier oriental.

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A Idlib, l’armée d’Ankara est en mauvaise posture. Quatorze soldats ont été tués en une semaine et sept avant-postes turcs – ce qui représente des centaines d’hommes et un important matériel militaire – ont été encerclés par les forces de Bachar Al-Assad et sont désormais coupés de leur état-major.

Ces attaques n’auraient pas pu avoir lieu sans l’aval de Moscou, M. Erdogan le sait. De là son ressentiment envers son homologue russe Vladimir Poutine, avec lequel il pensait avoir une relation privilégiée. Pour la première fois, mercredi, il a critiqué la Russie, accusée « de commettre des massacres et de verser le sang » à Idlib, où vivent 3,5 millions de personnes, pour une large part des déplacés du conflit.

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