Lourdes condamnations en Russie contre des jeunes antifascistes pour « terrorisme »

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Des jeunes hommes accusés d’appartenir à une organisation classée comme terroriste par les services de sécurité, lors de leur procès à Penza, en Russie centrale, le 10 février.
Des jeunes hommes accusés d’appartenir à une organisation classée comme terroriste par les services de sécurité, lors de leur procès à Penza, en Russie centrale, le 10 février. David Frenkel / AP

« Choquant ! Mais, hélas, pas surprenant… » Comme de nombreux défenseurs des droits de l’homme à Moscou, la représentante de Human Rights Watch, Tanya Lokshina, dénonce avec horreur mais impuissance les lourdes condamnations prononcées par un tribunal militaire, lundi 10 février, contre sept jeunes militants antifascistes d’extrême gauche. Ces anarchistes, présentés comme de dangereux « terroristes », devront purger des peines de six à dix-huit ans de prison alors que leurs aveux ont été largement obtenus sous la torture et qu’aucun projet d’attentat n’a été mis à jour.

« C’est un nouvel exemple de l’arbitraire : accusations fabriquées, preuves inventées, aveux forcés sous la violence, lourdes condamnations pour faire peur… », prévient Tanya Lokshina. « Cette affaire doit nous ouvrir les yeux : cela peut arriver à n’importe lequel d’entre nous qui critique le système. C’est la Russie dans laquelle vivent nos jeunes. »

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Les sept jeunes hommes âgés entre 23 et 31 ans, originaires de Penza, dans le centre de la Russie, avaient été arrêtés en 2017 et 2018. Ils sont accusés d’appartenir à « Réseau », organisation classée comme terroriste par les services de sécurité. Le FSB, héritier du KGB, assure qu’ils ont voulu préparer des attentats en 2018 lors de l’élection présidentielle puis, la même année, lors des matchs de la coupe du monde de football. Des accusations jamais confirmées par des preuves.

« Tentative de coup d’État »

Le FSB est en revanche soupçonné d’avoir monté l’affaire pour faire planer devant l’opinion une menace sur le pouvoir et pour justifier ainsi la répression sur l’opposition. « Un cas d’école », s’est indignée Svetlana Gannouchkina, figure de Mémorial, organisation de défense des droits humains. Pour l’ONG, qui avait inscrit les sept de Penza dans la liste des « prisonniers politiques » durant leur détention préventive, le FSB a fondé les poursuites sur des confessions douteuses obtenues auprès de militants arrêtés dans une autre affaire de drogue.

Ces dernières années, les autorités multiplient les poursuites judiciaires contre divers groupes politiques avec des accusations de terrorisme ou d’extrémisme. Il s’agit non seulement d’organisations violentes mais aussi de divers mouvements politiques ou religieux, modérés et critiques des autorités. Parmi eux : « Nouvelle grandeur », un groupe de jeunes qui, sur la messagerie Telegram, échangeaient des messages contre le Kremlin et s’engageaient à œuvrer pour « rendre à la Russie son ancienne grandeur ».

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