Le journal « Stars and Stripes » menacé par le projet de budget militaire de Trump

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Distribution d’exemplaires de « Stars and Stripes » aux Marines de la Force opérationnelle Tarawa, déployée en Irak, en 2003.
Distribution d’exemplaires de « Stars and Stripes » aux Marines de la Force opérationnelle Tarawa, déployée en Irak, en 2003. DAVID K. DISMUKES / AFP

Le plus célèbre journal américain d’actualité pour les militaires est-il menacé ? Stars and Stripes (« Etoiles et galons ») a appris auprès du Pentagone, lundi 10 février, que des coupes, au montant non précisé, étaient envisagées dans son budget de fonctionnement – qui représente 35 % de ses dépenses annuelles avec 7 millions de dollars. « La majorité des ressources de “Stars and Stripes” proviennent des ventes, des abonnements et de la publicité », ont écrit les journalistes Corey Dickstein et Nikki Wentling sur le site du journal, mais celui-ci « dépend du ministère de la défense pour couvrir les reportages et la distribution à l’étranger, tâches coûteuses et parfois dangereuses ».

Né en 1861 au début de la guerre de Sécession, Stars and Stripes, dans sa version papier un hebdomadaire et des hors-séries nombreux, risque d’être victime du projet de budget fédéral présenté lundi par la Maison Blanche. Celle-ci demande 741 milliards de dollars pour la défense en 2021, avec des économies de 6 milliards à la clé. « A l’ère moderne, un journal n’est probablement plus la bonne façon de communiquer », a déclaré Elaine McCusker, du Pentagone. « La mission n’est pas de communiquer le message du ministère ou du commandement, mais d’être une publication indépendante au service de la troupe », a rétorqué sur Twitter le médiateur de Stars and Stripes, Ernie Gates. 

« Une information crédible »

« Le défi est de servir une communauté militaire stationnée autour du monde, qui n’a pas toujours la capacité de payer et réside souvent dans de petites agglomérations où il est difficile d’attirer des annonceurs », explique au Monde l’éditeur du journal, Max Lederer. « Cette communauté a néanmoins de grands besoins et elle souhaite une information crédible sur les sujets qui la concerne. » Stars and Stripes indique avoir eu, en moyenne, 1,4 million de lecteurs quotidiens en 2019.

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Arrêté après la guerre civile américaine, le journal avait reparu au début de 1918, à Paris. Durant la première guerre mondiale, il contenait des poèmes écrits par les militaires ou des « conseils pour adopter un orphelin de guerre ». Parmi les annonceurs, à cette époque, American Express côtoyait Perrier. L’équipe d’alors a produit des figures de la presse américaine, notamment Harold Ross, le fondateur du magazine The New Yorker.

Après un nouvel arrêt, et une seconde renaissance en 1945, le journal n’a, depuis, plus cessé de paraître, suivant les soldats partout, du Vietnam jusqu’en l’Afghanistan. Le Congrès fera-t-il barrage ? En 2016, déjà, le boulet budgétaire avait frôlé le journal. Elue républicaine de l’Arizona, Martha McSally, avait pris sa défense. Cette ancienne pilote d’un A-10 de l’US Air Force (un avion mythique surnommé le « phacochère », lui aussi menacé par les coupes du Pentagone en 2021) voulait que les GI’s continuent d’avoir « des nouvelles de la maison ». Et la Chambre des représentants avait rétabli le financement menacé.

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