doutes au sujet de l’annonce du transfert du président déchu Al-Bachir à la Cour pénale internationale

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L’ancien président du Soudan, Omar Al-Bashir au palais de justice de Khartoum, au Soudan, le 28 septembre 2019.
L’ancien président du Soudan, Omar Al-Bashir au palais de justice de Khartoum, au Soudan, le 28 septembre 2019. Mohamed Nureldin Abdallah / REUTERS

Il faut se méfier des effets d’annonce au Soudan. Surtout lorsqu’ils tonnent comme des coups de canon et semblent tout assourdir aux alentours. Mardi 11 février, depuis Juba, au Soudan du Sud, Mohamed Hassan Al-Tayishi, un responsable des autorités soudanaises de transition, chargé du processus de négociation avec les groupes rebelles de son pays, annonçait que le Soudan était désormais disposé, sur le principe, à transférer Omar Al-Bachir, l’ex-président, renversé en avril après trente ans de règne, à la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.

La CPI a émis, en 2009 et 2010, plusieurs mandats visant Omar Al-Bachir, dans le cadre du dossier concernant les actes commis dans la région du Darfour, dans l’ouest du pays, quelques années plus tôt. Réponse à une contre-insurrection menée par les autorités alors dirigées par Omar Al-Bachir, qui s’était transformée en orgie de violence, conduisant à la mort, directement ou indirectement, de 300 000 personnes, selon les Nations unies.

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Pendant de nombreuses années, cette décision de la CPI avait produit l’inverse de l’effet escompté, transformant le président soudanais en victime d’une justice internationale dévoyée et soumise aux diktats de puissances occidentales, à commencer par les Etats-Unis. Omar Al-Bachir, à la tête d’un régime coupable de crimes divers, ayant présidé à la destruction économique du Soudan, aurait fait un excellent paria si les mandats de la CPI n’avaient au contraire rehaussé son prestige, lui permettant de devenir un grand voyageur, puisque les états hostiles à la CPI se faisaient une joie de l’accueillir.

Déclaration explosive

Depuis, Omar Al-Bachir a été renversé, à la suite de manifestations colossales organisées par un mouvement civil, regroupé dans les Forces pour la liberté et le changement (FFC), avec l’appui décisif d’une partie des forces armées au printemps 2019. Une structure de transition a été élaborée pour diriger le pays jusqu’en 2022, le temps de reconstruire le système politique et économique, miné par les années Bachir. Et ce dernier, placé au mois d’avril en résidence surveillée, puis vraisemblablement en détention, a comparu dans le premier d’une série de procès à Khartoum, avant la décision de transfert à La Haye, ce mardi 11 février.

Déjà mentionnée comme une hypothèse au cours des derniers mois, l’annonce a été faite cette fois dans un cadre particulier. A Juba, capitale du Soudan du Sud – l’ex-Sud-Soudan qui a fait sécession en 2011 – sont conduites des négociations entre le pouvoir soudanais et les représentants de plusieurs groupes rebelles, dont ceux du Darfour. Mardi, c’est au terme d’une session de pourparlers avec le Front révolutionnaire du Soudan (SRF) que M. Al-Tayishi, a fait l’annonce. Cette décision, assortie d’autres mesures, est un point crucial pour répondre aux demandes des groupes armés du Darfour, qui réclament justice. Mais implique-t-elle vraiment le Soudan ?

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