Les Philippines annoncent l’abrogation d’un pacte militaire avec les Etats-Unis

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Le président philippin Rodrigo Duterte à Manille, le 10 février.
Le président philippin Rodrigo Duterte à Manille, le 10 février. Toto Lozano / AP

La dégradation continue des relations entre les Etats-Unis et les Philippines, des alliés historiques, a pris une nouvelle dimension, mardi 11 février, avec l’annonce par Manille de mettre fin à un important pacte militaire signé en 1998 avec Washington.

Le président Duterte, dirigeant populiste fantasque et imprévisible, dont les déclarations vulgaires et misogynes font souvent effet miroir avec celles du président Trump, est cependant connu pour ses volte-face. Et l’annonce de menaces non suivies d’effets. Mais s’il s’avérait que le Visiting Forces Agreement (VFA, accord sur un droit de visite de forces armées) soit supprimé sans espoir de retour, l’équilibre stratégique régional pourrait en être modifié.

Depuis son élection à la tête des Philippines, en juin 2016, le président Duterte n’a cessé de prendre ses distances avec les Etats-Unis, l’ancienne puissance colonisatrice. Il a, dans le même temps, démontré sa volonté de se rapprocher de la Chine et constamment minimisé les conséquences de la montée en puissance militaire chinoise en mer de Chine du Sud. Où les Philippines sont impliquées, avec Pékin et d’autres pays de la région, dans une dispute territoriale pour le contrôle de plusieurs atolls des îles Spratleys.

« Manque de respect »

La volonté de M. Duterte d’abroger le pacte VFA s’inscrit dans le contexte de ce rapport de force régional, dont l’évolution est une source d’inquiétude pour Washington. Le pacte est en effet le socle de l’organisation annuelle d’exercices militaires entre les armées des Philippines et des Etats-Unis. Son abrogation « risquerait » d’affecter la poursuite de ces opérations, a réagi le secrétaire d’Etat adjoint américain pour les affaires politico-militaires, R. Clarke Cooper.

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La décision du président philippin peut être interprétée comme la réponse musclée à de récentes décisions américaines, notamment prises à l’encontre de personnalités appartenant à l’entourage de M. Duterte. Début janvier, le Sénat des Etats-Unis avait pris une résolution condamnant le gouvernement philippin pour sa violente – et souvent aveugle – campagne antidrogue. Celle-ci, selon des organisations de défense des droits de l’homme, aurait fait plus de douze mille morts en trois ans et demi, essentiellement dans les rangs des petits dealeurs de rue. Récemment, l’ambassade des USA à Manille a refusé une demande de visa au sénateur Ronald Dela Rosa, proche du président, chef de la police de 2016 à 2018 et à ce titre architecte de cette « guerre » contre le trafic de drogue.

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