Son procès en destitution se termine et Donald Trump est sur le point d’être acquitté

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Donald Trump le 4 février, lors de son discours sur l’état de l’Union.
Donald Trump le 4 février, lors de son discours sur l’état de l’Union. OLIVIER DOULIERY / AFP

C’est l’épilogue du feuilleton qui traverse la politique américaine depuis plusieurs mois. Le président américain, Donald Trump, devrait être acquitté par le Sénat, mercredi 5 février, lors du procès en destitution initié en décembre 2019 par la Chambre des représentants.

Le suspense est quasi nul : la Constitution des Etats-Unis impose une majorité des deux tiers (67 sièges sur 100) pour le déclarer coupable et le milliardaire sait pouvoir compter sur le soutien sans faille d’au moins 52 des 53 sénateurs républicains.

Le vote aura lieu à 16 heures (22 heures à Paris), mais la guerre de communication est déjà engagée sur les leçons à tirer de cette procédure exceptionnelle. « Donald Trump sera acquitté pour toujours », a anticipé sa conseillère Kellyanne Conway, en réponse aux démocrates, pour qui le président restera « pour toujours mis en accusation ».

L’opposition réclame la destitution du président américain pour avoir essayé de forcer l’Ukraine à « salir » son possible adversaire à la présidentielle Joe Biden, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en guerre. Depuis que le scandale a éclaté, M. Trump se dit victime d’une chasse aux sorcières orchestrée par ses adversaires démocrates, qui n’auraient pas digéré sa victoire surprise de 2016.

Lire notre décryptage : « Au fond, il n’y a pas eu de procès de destitution de Trump. Il a objectivement de quoi être satisfait »

49 % d’opinions favorables, un record

La stratégie semble avoir, au moins en partie, porté ses fruits. Donald Trump traverse une période plutôt favorable : selon le dernier sondage de l’institut Gallup, il enregistre 49 % d’opinions favorables, un record depuis son arrivée au pouvoir. De plus, les primaires des démocrates pour lui désigner un adversaire ont débuté lundi dans l’Iowa par un retentissant fiasco qui lui permet de rester sous la lumière des projecteurs.

Mardi soir, devant le Congrès réuni au grand complet, pour le traditionnel discours sur l’état de l’Union, le milliardaire républicain a vanté ses résultats « incroyables ». Dans l’hémicycle, la tension était palpable. Avant le discours, Donald Trump a ostensiblement évité de serrer la main que lui tendait la chef démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Une fois l’allocution finie, cette dernière a déchiré dans un geste spectaculaire sa copie du discours.

Le 4 février, la chef démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a déchiré le discours sur l’état de l’union de Donald Trump.
Le 4 février, la chef démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a déchiré le discours sur l’état de l’union de Donald Trump. Jonathan Ernst / REUTERS

« Contrairement à tant d’autres avant moi, je tiens mes promesses », a lancé Donald Trump, sans cesse coupé par les ovations et les « USA, USA » des républicains.

Dans cette même Chambre des représentants qui l’a mis en accusation le 18 décembre, il a brassé tous les thèmes de la campagne à venir pour le scrutin du 3 novembre : la lutte contre l’immigration illégale ou l’avortement, « la grande réussite économique » des Etats-Unis ou sa politique étrangère.

En revanche, à aucun moment l’impeachment n’a été évoqué. De nombreux républicains invitaient Donald Trump à tourner rapidement la page de ce procès, et le président a fait profil bas sur ce point comme son prédécesseur démocrate, Bill Clinton, lors de son discours annuel en 1999.

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Un procès qui divise les Etats-Unis

Dans ce contexte de polarisation extrême, les quelques sénateurs modérés qui tentent encore de dresser des ponts entre les deux partis sont les seuls enjeux du verdict. Donald Trump aimerait pouvoir dire qu’aucun membre de sa majorité n’a fait défection, comme il l’a claironné après le vote d’impeachment à la Chambre.

Trois sénateurs républicains modérés ont dénoncé la conduite du président mais estimé qu’elle ne méritait pas une destitution. Le seul susceptible de sortir du rang est donc Mitt Romney, l’un des rares élus républicains à critiquer ouvertement le locataire de la Maison Blanche. Quelques démocrates, comme Kyrsten Sinema ou Joe Manchin, pourraient offrir un cadeau au président en le déclarant non coupable. La première s’est distinguée lors du discours sur l’état de l’Union en applaudissant vigoureusement le milliardaire quand son camp le boudait.

Au-delà de Washington, le procès divise autant les Américains que leurs élus : 85 % des électeurs démocrates soutiennent la destitution du président, moins de 10 % des républicains sont pour, et la moyenne s’établit légèrement en dessous de 50 %.

Son impact sur les élections est donc difficile à prédire, mais Donald Trump se dit convaincu que les électeurs pénaliseront les « démocrates-qui-ne-font-rien ». Eux estiment avoir démontré pendant le procès qu’il plaçait « ses intérêts au dessus de ceux du pays ».



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