La recrudescence des combats à Idlib, en Syrie, met l’axe Moscou-Ankara à rude épreuve

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Un convoi de l’armée turque traverse la ville d’Atareb en se dirigeant vers le sud de la province d’Idlib (Syrie), le 3 février.
Un convoi de l’armée turque traverse la ville d’Atareb en se dirigeant vers le sud de la province d’Idlib (Syrie), le 3 février. AAREF WATAD / AFP

Des affrontements meurtriers ont éclaté lundi 3 février entre l’armée turque et les forces gouvernementales syriennes dans la région d’Idlib, le dernier bastion de la rébellion au régime de Bachar Al-Assad, devenu le théâtre de combats d’une violence jamais vue entre soldats turcs et syriens.

Cela fait des mois que les forces loyales à Bachar Al-Assad, appuyées par l’aviation russe, ont intensifié leur offensive sur Idlib, menacée par une catastrophe humanitaire d’ampleur. La progression se fait en tenaille, depuis le sud de la province et depuis l’ouest d’Alep.

Peuplée de 3 millions de personnes, dont beaucoup de déplacés venus d’autres régions de Syrie pour fuir la violence du régime et de son allié russe, la province connaît un vaste exode de civils en direction de la frontière turque, pourtant fermée à double tour.

L’ONU a estimé qu’environ 390 000 personnes y avaient été déplacées au cours des deux derniers mois – 315 000 en décembre 2019 et 75 000 en janvier. L’aide humanitaire est rare pour ces déplacés, privés aussi d’aide médicale, les infrastructures de santé ayant été systématiquement bombardée par l’aviation russe. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 53 établissements de soins ont cessé de fonctionner au nord-ouest de la Syrie depuis le début de l’année, en raison des attaques.

La violence est montée d’un cran lundi quand des affrontements meurtriers se sont produits à Al-Bab, au nord-est d’Alep, entre les forces prorégime et les supplétifs syriens de l’armée turque.

Fait inédit, une dizaine de militaires syriens ont été tués à Idlib après une attaque d’artillerie de la Turquie sur des positions de l’armée gouvernementale. Le ministre turc de la défense, Huluski Akar, a déclaré que 76 « membres du régime ont été neutralisés », tandis que l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG basée à Londres mais disposant de nombreux relais sur le terrain, a estimé à treize le nombre de morts côté syrien.

L’attaque était une riposte des Turcs à des tirs d’artillerie des forces syriennes ayant tué huit militaires turcs quelques heures plus tôt. Selon le ministère turc de la défense, les affrontements ont commencé lorsque l’armée syrienne a attaqué les forces turques envoyées en renfort dans la ville de Saraqeb, au sud-est de la province.

Un convoi de déplacés à Sarmada, dans la province d’Idlib, le 28 janvier.
Un convoi de déplacés à Sarmada, dans la province d’Idlib, le 28 janvier. Khalil Ashawi / REUTERS

Ankara, qui a assisté sans broncher à la prise de Maaret Al-Numan par les forces syriennes le 29 janvier, ne semble guère disposée à voir Saraqeb subir le même sort. Dès le 30 janvier, des unités turques blindées y ont été déployées.

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