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Le Conseil de sécurité des Nations unies voulait savoir si la mort, le 26 octobre 2019, lors d’une frappe américaine, d’Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’organisation Etat islamique (EI), avait changé la donne et réduit la menace. Le 20 janvier, l’équipe d’enquêteurs du comité du conseil sécurité, chargée de suivre l’évolution d’Al-Qaida et de l’EI, a remis son rapport. La menace s’est déplacée à l’est.
« L’Afghanistan, disent les experts, continue d’être la zone de conflit la plus préoccupante pour les Etats membres, en dehors de la principale zone d’activité de l’EI, et connaît, parmi tous les pays du monde, le plus grand nombre de pertes en vies humaines liées au terrorisme. » Pour ces enquêteurs, qui s’appuient sur les services de renseignement des Etats membres, l’EI est en effet désorganisé. Privées de territoire, ses forces ont effectué de nouvelles attaques sporadiques en Syrie depuis le retrait de la zone, en octobre, des troupes américaines. Près d’un millier de combattants seraient encore actifs à l’ouest de l’Irak, à la frontière avec la Syrie.
Recrutement sur Internet
Une part des déclarations d’allégeance à l’EI, diffusées dans le monde, depuis la mort du chef, serait des montages. Une manœuvre destinée à maintenir un soutien extérieur, à défaut « d’avoir les moyens de mener directement des opérations internationales complexes ». Des inquiétudes subsistent en ce qui concerne « plusieurs centaines » de combattants de l’EI ayant réussi à fuir, en octobre, des camps de détention. De même, « les Etats membres estiment qu’entre la moitié et les deux tiers des plus de 40 000 combattants qui ont rejoint le “califat” sont encore en vie ».
Pour les enquêteurs, le paysage djihadiste en Afghanistan doit davantage inquiéter la communauté internationale. Concentrés dans le nord-est du pays, 2 500 combattants, dont 2 100 dans la province de Kunar, pèsent sur la sécurité de l’ensemble de cette région frontalière avec le Pakistan. L’étendard de l’EI est repris par des groupes locaux en rupture de ban, qui recrutent également sur Internet, dans les madrasas (écoles religieuses) et universités afghanes, notamment à Kaboul. La reddition, en novembre, de 1 400 personnes, parmi lesquelles femmes et enfants, a permis de constater, selon l’ONU, la présence de ressortissants d’Azerbaïdjan, d’Ouzbékistan, du Pakistan, du Tadjikistan, de Turquie et des Maldives, mais aussi du Canada et de France.
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