Des familles de militaires veulent élargir la mention « Mort au service de la nation »

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Il se préparait à partir en opération extérieure. L’adjudant-chef François Woignier avait 37 ans, quand son blindé s’est violemment retourné lors d’un entraînement sur le camp de Caylus (Tarn-et-Garonne), tuant ce parachutiste du 3e Rpima de Carcassonne. Depuis, son père cherche à obtenir une reconnaissance pour son engagement : la mention « Mort au service de la nation » a été refusée par l’Etat.

« Le colonel du 3e Rpima avait fait la demande au nom de ses états de service exceptionnels, et là-haut, à l’abri d’un ministère on ne reconnaît pas ce parcours, il y a une injustice », déplore Jean-Pierre Woignier. « Un soldat qui a quinze ans d’expérience, fait 13 opérations extérieures, et qui se prépare pour partir dans la suivante, est largement méritant », abonde le sénateur Les Républicains des Alpes-Maritimes Jean-Pierre Leleux.

Le 22 janvier, ce dernier a déposé une proposition de loi visant à étendre les critères d’attribution très restrictifs de cette mention, qui ne couvre pas les accidents à l’entraînement, sauf exception. « Cette demande est légitime, fait-il valoir. Dans le cadre d’une armée de métier, les entraînements extrêmes sont le prérequis incontournable du succès des opérations menées. C’est grâce à ces formations que nos armées limitent ainsi le nombre de blessés et de morts sur les théâtres opérationnels. » Sa proposition rejoint celle du député Christophe Naegelen (UDI), enregistrée en mai 2019 à l’Assemblée nationale et cosignée par une cinquantaine d’élus.

Portée restreinte

C’est en décembre 2012, après la tuerie de Toulouse – trois soldats assassinés par le terroriste islamiste Mohammed Merah – que l’Etat a créé la mention « Mort pour le service de la nation ». Devant la demande des familles, qui s’estimaient maltraitées par l’institution, le ministère a dû innover pour honorer la mémoire des militaires tombés en France même, et ouvrir des droits à leurs familles. Le ministre Jean-Yves Le Drian ne pouvait accorder aux victimes du tueur la mention de « Mort pour la France », réservée aux faits de guerre, sans accorder de fait un statut au meurtrier.

La nouvelle mention, étendue aux policiers et autres agents travaillant pour l’Etat, devait couvrir tout « militaire tué en service ou en raison de sa qualité de militaire ». Elle est venue s’ajouter à la « Mort pour la France », créée en 1915, et à la « Mort en déportation ». L’innovation a pu heurter des associations d’anciens soucieuses de réserver les stèles du souvenir aux morts au combat. Elle a pu aussi faire craindre à l’Etat des dépenses, liées aux pensions des veuves et au statut de pupilles accordé aux orphelins. Et l’état-major n’était pas favorable à élargir la distinction.

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