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Le 1er février, l’Union Jack ne flottera plus devant les bâtiments du Parlement européen. Au total, une quinzaine de drapeaux seront enlevés de leur mât, et l’un d’entre eux sera donné à la Maison de l’histoire européenne de Bruxelles. Quant aux soixante-treize eurodéputés britanniques, ils abandonneront leur mandat électif, huit mois après avoir été élus en mai. Certains ont longtemps cru que le Brexit ne se ferait pas. Mais la victoire écrasante de Boris Johnson, le 12 décembre 2019, a levé toutes les incertitudes.
Mercredi 29 janvier, ces élus britanniques seront sans doute nombreux – en tout cas parmi ceux qui n’appartiennent pas au Brexit Party – à voter contre l’accord de divorce entre Londres et Bruxelles mais pas assez pour empêcher le Parlement européen de le valider, et l’Europe de franchir ainsi la dernière étape avant le retrait du Royaume-Uni ce 31 janvier. Après quoi, David Sassoli, le président du Parlement européen, réunira les partants pour un dernier verre, « comme cela se fait toujours quand il y a des départs, au moment des élections par exemple », précise son entourage. Pas question de donner l’impression de célébrer le Brexit !
Whisky et panse de brebis
Ces derniers jours, les occasions de se dire au revoir se sont multipliées. Le 22 janvier au soir, les Ecossais du LibDem ont été les premiers à donner une petite fête. Au programme : whisky, panse de brebis et danses traditionnelles. Cette semaine, les Verts, les sociaux-démocrates de S&D et les libéraux de Renew ont tous prévu une petite sauterie.
« Près de la moitié des nouveaux entrants viennent de la France, de l’Italie et de l’Espagne, ce qui change le prisme, notamment sur les sujets d’agriculture et de commerce » Un think tank
Pendant que les élus britanniques font leurs adieux, leurs remplaçants s’installent. Il a été décidé, avant le scrutin du 26 mai 2019, que 46 de leurs sièges seraient réservés pour des pays qui pourraient rejoindre l’Union dans les prochaines années et que les 27 autres seraient redistribués pour tenir compte des récentes évolutions démographiques des vingt-sept Etats membres restants.
Depuis le 26 mai, « les réservistes », comme on les appelle, attendent donc – avec plus ou moins d’impatience – que place leur soit faite. « Près de la moitié des nouveaux entrants viennent de trois pays méditerranéens, la France, l’Italie et l’Espagne, ce qui change le prisme, notamment sur les sujets d’agriculture et de commerce », commente le think tank VoteWatch Europe. « Les élus de l’eurozone vont être beaucoup plus nombreux et cela donnera plus de légitimité au Parlement quand il s’agira de traiter des affaires qui concernent l’Union monétaire, comme cela a été le cas pendant la crise grecque par exemple », ajoute l’Italien Enrico Letta, président de l’Institut Jacques Delors.
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