Chassée de l’armée sud-coréenne, une sous-officière transgenre veut se battre pour sa réintégration

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La sergente Byun Hee-soo exprime son désir de rester dans l’armée lors d’une conférence de presse  à Séoul, le 22 janvier 2020.
La sergente Byun Hee-soo exprime son désir de rester dans l’armée lors d’une conférence de presse  à Séoul, le 22 janvier 2020. AFP

Reflétant une tendance dominante en Corée du Sud, l’armée de ce pays refuse tout débat sur les questions de genre. Mercredi 22 janvier, elle a déclaré inapte au service Byun Hee-soo, une sergente transgenre conductrice de char.

Engagée volontaire dans l’armée en 2017 sous l’identité masculine assignée à la naissance, la sous-officière suivait un traitement aux hormones et avait consulté les services psychiatriques militaires, qui lui auraient recommandé une opération pour changer de sexe, estimant qu’elle souffrait d’une « dysphorie de genre ». L’intervention a été réalisée en novembre 2019 en Thaïlande. En réaction, l’armée a rayé de ses cadres la sous-officière. D’après le ministère de la défense, Byun Hee-soo serait affectée d’un trouble mental et physique de niveau 3, la rendant inapte au service.

Un acte discriminatoire

En conférence de presse après l’annonce de son renvoi, Mme Byun, qui avait revêtu son uniforme, a déploré l’« intolérance profondément enracinée » dans l’armée à l’égard des LGBT. Devenir militaire était un rêve d’enfant, a-t-elle expliqué, visiblement émue. « Je continuerai à me battre jusqu’au jour où je pourrai de nouveau servir dans l’armée. Je contesterai la décision jusqu’à la fin, devant la Cour suprême, a-t-elle martelé. Outre mon genre, je veux montrer à tout le monde que je peux faire partie des grands soldats qui protègent ce pays. »

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La décision de l’armée a été prise malgré des appels, notamment de la Commission nationale des droits de l’homme (NHRCK), à prendre le temps de la réflexion et malgré la demande de Mme Byun d’attendre que l’état civil ait enregistré son changement de sexe.

« Nous espérons que l’armée n’entachera pas sa réputation en chassant une femme transgenre simplement parce qu’elle n’a pas l’organe sexuel masculin. » Une ONG

Pour la NHRCK, qualifier de handicap le fait de s’assumer comme personne transgenre et l’exclure pour cette raison pourraient s’apparenter à un acte discriminatoire. « Nous espérons que l’armée n’entachera pas sa réputation en chassant une femme transgenre simplement parce qu’elle n’a pas l’organe sexuel masculin », avait, de son côté, déclaré l’ONG Centre des doits humains dans l’armée (MHRCK).

Ces appels n’ont pas été entendus, même si, selon un officier cité par l’agence Reuters, il n’y a aucune raison de rejeter Mme Byun si elle se représente après l’enregistrement de son nouvel état civil. Le cas de la militaire rappelle les difficultés des personnes LGBT en Corée du Sud, où leur cause commence à peine à se faire entendre, notamment au travers de la Marche des fiertés, qui bénéficie par ailleurs du soutien de pays comme la France.

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