Un réseau mondial de pédopornographie ayant fait des milliers de victimes jugé en Belgique

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Les avocats Jan Leysen et Kris Luyckx au tribunal de Termonde (Belgique), le 24 janvier 2020.
Les avocats Jan Leysen et Kris Luyckx au tribunal de Termonde (Belgique), le 24 janvier 2020. Nicolas Maeterlinck / AFP

Douze millions de fichiers, des milliers de victimes – dont 38 clairement identifiées –, un réseau d’ampleur mondiale animé, sur le « Dark Web », par les cinq prévenus qui comparaissent devant le tribunal de Termonde (Flandre orientale) : un procès-fleuve de pédopornographie a commencé en Belgique, vendredi 24 janvier, et des peines de dix à quinze ans de prison ont été requises à l’encontre des suspects.

C’est un policier en vacances qui a, par hasard, mis au jour, en 2015, cette affaire hors norme qui a nécessité l’intervention d’Europol. L’homme avait repéré à Blankenberge, sur une plage de la mer du Nord, un individu, Michaël T., en train de filmer de jeunes enfants dénudés. Interpellé, l’homme s’est révélé être l’un des membres d’un réseau identifié après le lancement d’« Azraël », une opération coordonnée par l’Agence européenne de police criminelle (Europol). Les investigations ont démontré que les prévenus étaient eux-mêmes les auteurs de nombreux films et images qu’ils partageaient ou échangeaient ensuite.

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Un des prévenus, le Belge Dimitry D., avait soigneusement organisé la base de données avec un classement selon l’âge, l’origine, le sexe ou les types de violences infligées aux enfants, prépubères dans leur majorité. Les prévenus se rendaient également coupables de violences, qu’ils filmaient, sur leurs propres enfants. Ils se retrouvaient ensuite dans des lieux publics ou des hôtels pour échanger leur matériel.

Violentés en échange de nourriture

Parmi les cinq hommes qui comparaissent devant le tribunal de Termonde, l’un est Britannique et l’autre Néerlandais. Ce dernier, Lars De R., alimentait la banque d’images avec des méfaits commis lors de divers voyages en Inde, où il violentait des enfants en échange d’argent ou de nourriture, selon le dossier d’instruction. « Je savais à 15 ans que j’étais attiré par les enfants, j’étais plus à l’aise avec eux, a-t-il expliqué vendredi. Je savais que ce que je ressentais n’était pas bien, mais j’avais une image erronée de ce que l’on peut faire avec des gosses. » Un procès lui a également été intenté aux Pays-Bas.

« J’ai tout essayé pour me guérir : le sport, la religion, la musique… Je suis prêt pour une castration chimique. »

Samuel K., citoyen anglais et jeune homme au pair, a lui commis ses méfaits dans son pays, en Allemagne, en Espagne, au Portugal et en Irlande. « J’étais solitaire, je cherchais de l’amitié, a-t-il déclaré au cours de son premier interrogatoire par les juges. J’ai trouvé des hommes comme moi sur Internet et j’étais piégé. J’ai tout essayé pour me guérir : le sport, la religion, la musique… Je suis prêt pour une castration chimique. »

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