« Il faut construire des transitions écologiques justes »

0
127

[ad_1]

Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue française, en novembre 2019.
Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue française, en novembre 2019. Léa crespi pour “Le Monde”

Paléoclimatologue, Valérie Masson-Delmotte est directrice de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et coprésidente du groupe n° 1 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) depuis 2015. Elle ­déplore une sous-information sur les évolutions récentes et estime que des solutions existent, même si l’on ne changera pas tout demain.

Quel bilan tirer de la COP25 qui s’est achevée le 13 décembre, à Madrid ?

Valérie Masson-Delmotte.- J’étais présente à cette COP. Je ne peux que constater le décalage entre le peu d’avancées et la gravité de la situation telle qu’elle ressort des derniers rapports du Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le rapport sur l’océan et la cryosphère et celui sur le changement climatique et l’utilisation des terres, pourtant mentionnés dans la déclaration finale.

Le rendez-vous important sera donc à la prochaine COP, à Glasgow, quand les pays mettront sur la table leurs révisions d’ambition

Certains points positifs peuvent être soulignés, comme la mention des « transitions justes », le plan d’action sur le genre (égalité et autonomisation des femmes) en lien avec l’action climat… Mais, au final, il y a peu d’avancées concrètes. Le rendez-vous important sera donc à la prochaine COP, à Glasgow, quand les pays mettront sur la table leurs révisions d’ambition, leurs plans nationaux d’atténuation et d’adaptation.

Comment estimez-vous l’engagement européen, matérialisé par un Green Deal (« pacte vert ») et par l’objectif de la neutralité carbone en 2050 ?

L’Union européenne, à l’exception de la Pologne qui n’est pas dans l’accord, semble vouloir reprendre la main et construire une ambition plus forte. La révision à horizon 2030 de moins 50 % à moins 55 % (par rapport à 1990), hors importation et tout gaz à effet de serre (GES) semble cohérente avec l’accord de Paris.

Retrouvez la nouvelle édition du « Bilan du Monde »

Cet article est tiré du « Bilan du Monde » 2020, un hors-série de 220 pages pour tout comprendre des enjeux de l’année en France et dans le monde. La nouvelle édition est actuellement en vente dans les kiosques ou par Internet en se rendant sur le site Boutique.lemonde.fr.

Mais elle mériterait d’être clarifiée, gaz par gaz, CO2 et autres. Car si les émissions de GES ont diminué de 23 % entre 1990 et 2018, la baisse devra être beaucoup plus rapide d’ici à 2030. Et la question du comment est essentielle.

L’important volet sur l’érosion de la biodiversité en Europe et le rôle des importations sur la perte de biodiversité ailleurs dans le monde n’est pas précis

S’il y a des points positifs dans ce Green Deal, comme la mention d’une « transition juste et équitable », d’une action climat en lien avec la biodiversité, ou encore le fait qu’il aborde la question des importations et des politiques commerciales, il reste peu explicite sur les actions envisagées. L’important volet sur l’érosion de la biodiversité en Europe et le rôle des importations sur la perte de biodiversité ailleurs dans le monde n’est pas précis. Idem pour les forêts et l’océan, où aucune action n’est explicitée.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: