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Un peu plus d’un an après avoir exonéré le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, de toute responsabilité dans l’assassinat du journaliste et dissident Jamal Khashoggi, la justice du royaume a blanchi, vendredi 23 décembre, les deux membres de son entourage, suspectés d’avoir supervisé l’opération, menée en octobre 2018, à Istanbul (Turquie).
Le général Ahmed Al-Assiri, numéro deux des renseignements saoudiens, ancien porte-parole de la coalition arabe intervenant militairement au Yémen, a été acquitté, « faute de preuves ». Initialement présenté comme le concepteur de l’équipée qui a tourné au scandale planétaire, cet officier supérieur était jugé avec dix autres personnes depuis le mois de janvier.
Concernant Saoud Al-Qahtani, le conseiller média du dauphin saoudien, le parquet a officialisé ce qui avait fuité depuis longtemps déjà, à savoir qu’il a fait l’objet d’une enquête, mais n’a pas été poursuivi. Chargé à la cour royale du cyber-harcèlement des opposants, soupçonné d’avoir été l’un des inspirateurs des tueurs, l’homme a disparu de la scène publique depuis les faits.
A l’époque, Jamal Khashoggi, célèbre signature de la presse saoudienne, parti en exil en 2017 aux Etats-Unis, chroniquait dans les pages du Washington Post la dérive autoritaire de Mohammed Ben Salman, dit « MBS », le roi bis d’Arabie saoudite. Il a été tué par injection létale, le 2 octobre 2018, dans le consulat saoudien des rives du Bosphore, où il s’était rendu pour remplir des formalités administratives. Son corps, qui a été démembré, n’a jamais été retrouvé.
Sentence contre les exécutants
Les seules personnes contre lesquelles une sentence a été prononcée à l’issue du procès sont les exécutants, présents sur le sol turc.
Cinq d’entre eux, reconnus coupables d’avoir « directement participé au meurtre de la victime » ont été condamnés à la peine capitale, sans que leur identité ait été révélée. Il est probable que figurent parmi eux Maher Al-Mutreb, un officier de renseignement considéré comme le chef du commando, et Salah Al-Tubaigy, un médecin légiste qui s’est chargé de découper la dépouille du journaliste, au moyen d’une scie à os. Trois autres prévenus ont écopé de peines de prison, représentant un total de vingt-quatre années, « pour leur rôle dans la dissimulation du crime ».
Ces verdicts entérinent, sans surprise aucune, la thèse du pouvoir saoudien, qui a toujours présenté l’assassinat d’Istanbul comme une opération ayant mal tourné, conduite par des agents ayant agi de leur propre initiative.
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